
Cycle L'EXPRESSIONNISME ALLEMAND
Au cœur du Quartier latin, le Champo fait vivre le cinéma de patrimoine tous les jours depuis 1938. Festivals, rétrospectives, cycles thématiques , courts-metrages et avant-premières invitent à (re)découvrir sur grand écran des films qui ont marqué l’histoire du cinéma et qui sont toujours d'actualité.
Né dans l’Allemagne de Weimar, l’expressionnisme cinématographique substitue aux décors réalistes des architectures en zigzag, des ombres dévorantes et une psychologie en clair-obscur.
Le cycle organisé par Le Champo réunit sept films-phares illustrant toutes ses déclinaisons : du thriller social (M) au fantastique (Nosferatu), du mélodrame érotique (Loulou) à la dystopie industrielle (Metropolis). Pour le spectateur : la matrice des futurs films noirs, d’Hollywood à Tim Burton.

📍 M le Maudit – Fritz Lang, 1931
Synopsis : Berlin traque un meurtrier d’enfants ; policiers et mafieux unissent leurs forces pour l’arrêter.
Pourquoi le (re)voir ? Premier film parlant de Lang ; construction sonore pionnière (leitmotiv sifflé « In the Hall of the Mountain King »).
Points notables : Peter Lorre propulsé star mondiale ; Lang double lui-même le sifflement car Lorre ne savait pas siffler.
📍 Le Testament du docteur Mabuse – Fritz Lang, 1933.
Synopsis : le génie criminel Mabuse, interné, dicte depuis l’asile un plan terroriste.
Pourquoi ? Parabole visionnaire sur la montée du totalitarisme ; rythme de polar moderne.
Points notables : film interdit par Goebbels pour « sédition » ; Lang quitte l’Allemagne deux mois plus tard.
📍 Metropolis – Fritz Lang, 1927.
Synopsis : dans une mégapole futuriste, la lutte des classes oppose les ouvriers souterrains et les élites aériennes.
Pourquoi ? Effets spéciaux d’anthologie (miniatures, surimpressions) ; première androïde du cinéma.
Points notables : 24 % du métrage, jugé perdu, a été retrouvé à Buenos Aires en 2008 et réintégré depuis.
📍 Loulou (Pandora’s Box) – G.W. Pabst, 1929.
Synopsis : la danseuse Lulu (Louise Brooks) traverse Berlin, Paris puis Londres, semant désir et ruine avant de croiser Jack l’Éventreur.
Pourquoi ? Portrait d’une femme libre – et scandaleuse pour l’époque – qui a valu à Brooks son mythe de « flapper » éternelle.
Points notables : tourné dans un hangar Zeppelin à Staaken ; censure et coupes multiples à sa sortie.
📍 Le Cabinet du docteur Caligari – Robert Wiene, 1920.
Synopsis : à la foire, le somnambule Cesare commet des crimes sous l’hypnose du sinistre Dr Caligari… ou peut-être pas.
Pourquoi ? Décors peints en diagonale, visages cernés : manifeste visuel de l’expressionnisme.
Points notables : sans doute premier film à narrateur non fiable, retournement final resté célèbre.
📍 Nosferatu, une symphonie de l’horreur – F.W. Murnau, 1922.
Synopsis : le comte Orlok quitte la Transylvanie, semant peste et mort à Brême.
Pourquoi ? Rôle-modèle de tous les vampires de cinéma ; effets d’ombres et accélérés étranges.
Points notables : adaptation non autorisée de Dracula ; la veuve Stoker obtient l’ordre de destruction des copies (une survivra, sauvant le film).
📍 L’Ange bleu – Josef von Sternberg, 1930.
Synopsis : un professeur (Emil Jannings) s’éprend de la chanteuse Lola-Lola (Marlene Dietrich) et sombre dans le ridicule.
Pourquoi ? Premier long métrage parlant allemand ; révèle Dietrich et sa chanson « Falling in Love Again ».
Points notables : tourné simultanément en version anglaise ; la copie anglaise crue perdue fut retrouvée et restaurée en 2009.
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