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LES SÉANCES CULTES DU CHAMPO

Certains films ne quittent jamais l'ecran
et vivent avec nous

Les séances cultes de la semaine du mercredi 11 au mardi 17 mars 2026 (semaine 12)

  • L'ESPRIT DE LA RUCHE (1973) de Victor Erice - 1h37 VOSTF :       SAM: 21:45     
  • PARIS TEXAS (1984) de Wim Wenders  - 2h25 VOSTF :     VEN: 21:15  SAM: 21:00     
  • LES AILES DU DESIR  (1987) de Wim Wenders  - 2h06 VOSTF :         DIM: 21:25   
  • QUATRE NUITS D'UN REVEUR (1971) de Robert Bresson  - 1h23 VF :             MAR: 22:10

Ci-dessous quelques uns des Films cultes sélectionnés par le Champo.  Et qui sont programmés cette semaine, ou dans les prochaines semaines. 

Bonnes séances culte du Champo


Les Ailes du désir de Wim Wenders – un ange en imperméable se tient au bord d’un immeuble au-dessus de Berlin, film culte projeté au Champo

LES AILES DU DESIR (Der Himmel über Berlin) – Wim Wenders, 1987

Et si un ange renonçait à l’éternité pour un regard ? 

Dans le Berlin d’avant la chute du Mur, deux anges, Damiel et Cassiel, veillent sur les humains dont ils entendent les pensées les plus intimes. Invisibles, ils traversent la ville en noir et blanc, témoins des solitudes et des espoirs. Fasciné par une trapéziste de cirque, Marion, Damiel éprouve le désir de quitter l’éternité pour devenir mortel et enfin connaître la couleur du monde, le poids des choses, l’amour.

  • Prix de la mise en scène au Festival de Cannes 1987, le film devient l’un des titres emblématiques de Wenders.

  • La photographie noir et blanc / couleur est signée Henri Alekan, maître de La Belle et la Bête de Cocteau ; le noir et blanc correspond au regard des anges, la couleur à celui des humains.

  • Solveig Dommartin a appris le trapèze et les acrobaties en quelques semaines et réalise elle-même ses numéros, sans doublure ni filet.

  • Le rôle de Peter Falk, qui joue… Peter Falk, a été ajouté en cours de tournage et renforce le jeu de mise en abyme du film.

  • Restauré en 4K sous la supervision de Wenders, le film connaît une nouvelle vie en salles et en vidéo (Carlotta, Potemkine).

Chef-d’œuvre romantique et métaphysique, Les Ailes du désir se découvre ou se revoit pleinement au Champo

Nastassja Kinski dans Paris, Texas de Wim Wenders, film culte au cinéma Le Champo à Paris

PARIS, TEXAS – Wim Wenders, 1984

Et si la plus belle histoire d’amour se cachait derrière les néons de Paris, Texas ?

Après quatre années de disparition, Travis réapparaît, hagard, dans le désert du Texas. Recueilli par un médecin, il est ramené par son frère Walt à Los Angeles, où l’attend son jeune fils Hunter, qu’il avait abandonné. Peu à peu, la parole revient et la culpabilité affleure. Père et fils prennent alors la route pour retrouver Jane, la mère de l’enfant, entre motels, terrains vagues et néons de peep-shows. La quête d’une famille brisée devient un voyage sensible à travers les paysages de l’Ouest

  • Palme d’or, Prix FIPRESCI et Prix du Jury œcuménique à Cannes 1984 : triplé rarissime qui consacre le film comme un classique immédiat.

  • Scénario co-écrit par Sam Shepard à partir de son univers de Motel Chronicles ; la structure du film s’est construite autour de la relation père-fils puis de la confrontation finale avec Jane.

  • La musique de Ry Cooder, composée en studio en regardant les images, s’inspire du blues « Dark Was the Night, Cold Was the Ground » de Blind Willie Johnson et donne au film son atmosphère hypnotique

  • Le film a marqué plusieurs générations d’artistes : U2 cite Paris, Texas pour The Joshua Tree ; des musiciens comme Kurt Cobain ou Elliott Smith l’ont déclaré film fétiche, et de nombreux cinéastes (Wes Anderson, Sam Mendes…) revendiquent son influence.

  • Tourné par Robby Müller, le film offre certaines des images les plus célèbres du cinéma des années 80 : le désert ocre, le motel au néon, la vitre sans tain entre Travis et Jane.

Un homme, un enfant, une femme à retrouver : Paris, Texas,  Palme d’or et sommet du road-movie sentimental, se redécouvre au Champo.

Quatre nuits d’un rêveur de Robert Bresson – un couple marche et discute la nuit sur le Pont Neuf à Paris, film romantique épuré projeté au Champo

QUATRE NUITS D’UN RÊVEUR de Robert Bresson (1971)

Et si le plus grand des romans d’amour se jouait dans les silences de deux rêveurs à Paris ?

À Paris, Jacques, jeune peintre solitaire, erre la nuit en laissant libre cours à ses rêveries. Sur le Pont Neuf, il empêche une jeune femme, Marthe, de se jeter dans la Seine. Elle lui confie qu’elle attend le retour d’un homme qu’elle aime et qui l’a quittée. Ils conviennent de se revoir le lendemain, puis les nuits suivantes. Au fil de ces quatre nuits, Jacques tombe amoureux, tandis que Marthe oscille entre fidélité à son fantôme et attirance pour ce rêveur maladroit. Bresson filme leur lien fragile dans un Paris nocturne presque désert, où chaque geste compte plus que les mots.

  • Le film transpose Les Nuits blanches de Dostoïevski dans le Paris post-68, entre Pont Neuf, bus de nuit et quais de Seine.

  • Longtemps invisible pour des raisons de droits, il a fait l’objet d’une restauration récente (présentée à Cannes Classics 2024), qui l'a relancé.

  • La photographie de Pierre Lhomme capte un Paris nocturne entre chien et loup, où les lumières de la ville deviennent presque abstraites.

  • Fidèle à sa méthode, Bresson dirige ses acteurs comme des “modèles”, épurant le jeu et les dialogues pour laisser parler les gestes, les sons, les silences – une approche particulièrement forte sur ce récit d’amour impossible.

Ghost Dog de Jim Jarmusch – Forest Whitaker en manteau sombre tient un pistolet en ville, film culte samouraï urbain projeté au Champo

GHOST DOG : THE WAY OF THE SAMURAI – Jim Jarmusch – (1999)

Un samouraï, un pistolet, des pigeons et du Wu-Tang : GHOST DOG, le polar le plus zen de la mafia

Ghost Dog vit en marge de la ville, dans une cabane sur un toit. Tueur à gages pour une petite famille mafieuse italienne, il suit à la lettre le code du samouraï du Hagakure. Quand un contrat tourne mal et met en cause la fille d’un boss, la mafia décide de l’éliminer. Traqué par des gangsters dépassés, Ghost Dog applique sa propre logique de fidélité, frappe vite, disparaît, … et se lie d’amitié avec une jeune fille passionnée de livres. Le film mélange film de yakuzas, polar US, culture hip-hop et sagesse japonaise, dans une mise en scène calme et précise.

  • GHOST DOG est la rencontre improbable entre film de mafia, film de samouraï et rap new-yorkais, devenue immédiatement culte
  • présence magnétique de Forest Whitaker et la BO signée RZA
  • Un des grands films sur la loyauté, la solitude et le code personnel à l’ère moderne.
    Night on Earth de Jim Jarmusch – un taxi la nuit sous un réverbère, cinq histoires reliées à travers le monde, film culte projeté au Champo

    NIGHT ON EARTH – Jim Jarmusch – (1991)

    5 taxis, 5 villes, 1 seule nuit : NIGHT ON EARTH, le tour du monde des insomnies selon Jarmusch.

    La même nuit, le film nous embarque dans 5 taxis. À Los Angeles, une chauffeuse garçon manqué conduit une directrice de casting hollywoodienne. À New York, un immigré est sauvé du désastre par son passager. À Paris, un chauffeur discute avec une passagère aveugle. À Rome, un taximan bavard confesse des horreurs à un prêtre épuisé. À Helsinki enfin, trois ouvriers bourrés racontent à leur chauffeur une histoire encore plus triste que la sienne. ... Avec la musique râpeuse de Tom Waits en fil rouge.

    * NIGHT ON EARTH est un "film-chapiteau" : cinq mini-films en un, un casting dingue, et le plaisir d’entendre plusieurs langues se croiser dans le noir de la salle

    * une des plus belles célébrations de ce que le cinéma de Jarmusch fait de mieux : écouter des gens qui parlent et leur laisser le temps

    Metropolis  : la robot-Maria devant la cité futuriste, film expressionniste de Fritz Lang

    METROPOLIS– Fritz Lang, 1927

    Une ville-monstre, un robot hypnotique, une révolte ouvrière : revoir METROPOLIS, c’est retrouver la matrice de toute la science-fiction au cinéma.

    Dans la ville futuriste de Metropolis, les élites vivent dans des gratte-ciel luxuriants tandis que les ouvriers épuisés travaillent sous terre, esclaves des machines. Freder, fils du maître de la ville, découvre les conditions de vie des travailleurs en suivant Maria, jeune prophétesse qui prêche la réconciliation entre « la tête et les mains ». Son père charge le savant Rotwang de créer un robot à l’effigie de Maria pour semer le chaos. La fausse Maria pousse les ouvriers à la révolte, menaçant de noyer leurs propres enfants. Seul Freder pourra tenter de devenir le « cœur » qui réconcilie maîtres et travailleurs.

    • Monument du cinéma expressionniste allemand, METROPOLIS est l’un des premiers longs métrages de science-fiction et une référence visuelle majeure (architecture futuriste, robot-Maria).

    • Longtemps mutilé, le film a été presque entièrement reconstitué après la découverte en 2008 d’une copie quasi complète à Buenos Aires, permettant la version « The Complete Metropolis » (2010).

    • L’iconographie de METROPOLIS a inspiré aussi bien STAR WARS (C-3PO) que Queen (« Radio Ga Ga »), Madonna (« Express Yourself ») ou Janelle Monáe

    THE GRAND BUDAPEST HOTEL de Wes Anderson Seance Culte du Champo

    L’aventure la plus élégante du cinéma contemporain

    Un concierge, un tableau volé, un lobby boy et un empire qui s’écroule : bienvenue au Grand Budapest Hotel

    Dans la République imaginaire de Zubrowka, un écrivain rencontre, dans les années 60, le mystérieux propriétaire d’un palace en déshérence : Zero Moustafa. Au cours d’un dîner, Zero lui raconte sa jeunesse, à l’époque glorieuse de l’hôtel, dans les années 30.

    Jeune réfugié devenu lobby boy, Zero est pris sous l’aile de M. Gustave H., concierge d’exception, poète mondain et amant attitré de riches clientes. Quand l’une d’elles, Madame D., meurt dans des circonstances suspectes, Gustave hérite d’un tableau de maître, Le Garçon à la pomme. Le fils de la défunte, Dmitri, hurle au vol et lance sur eux un avocat retors, un tueur à gages et la police d’un État qui bascule vers le fascisme.

    S’ensuit une course folle : évasion de prison, poursuite en luge, confrérie secrète de concierges, pâtisseries qui cachent des limes, et bataille rangée dans le hall du palace… tandis que le monde raffiné que représente Gustave se fissure définitivement

    • C’est sans doute le film qui résume le mieux le cinéma de Wes Anderson : décors miniatures, cadres ultra-composés, palette rose-bonbon et or, humour absurde… au service d’un vrai récit mélancolique sur la fin d’un monde.

    • Film directement inspiré par l’univers de Stefan Zweig (Hôtel d’Europe centrale, crépuscule des empires, exil), ce qui lui donne une profondeur historique sous la fantaisie.

    • Récompenses : 9 nominations aux Oscars, 4 statuettes (décors, costumes, maquillage-coiffure, musique d’Alexandre Desplat) et il est régulièrement cité parmi les grands films du XXIᵉ siècle.

    • Film mélange d’aventure burlesque, de romanesque et de menace fasciste. A noter: les détails du cadre, la richesse sonore et de la construction en “poupées russes” (plusieurs récits imbriqués).

      Enter the Void de Gaspar Noé : deux personnages de dos face à un mur de néons multicolores dans un club de Tokyo, image de la séance culte du Champo

      ENTER THE VOID

      À Tokyo, Oscar, petit dealeur américain, vit avec sa sœur Linda, stripteaseuse. Abattu lors d’un deal qui tourne mal dans un bar nommé « The Void », il meurt sous l’effet du DMT qu’il vient de fumer. Son esprit quitte alors son corps, plane au-dessus de la ville, revisite son passé, observe la dérive de Linda et les conséquences de sa mort, dans un voyage inspiré du Livre tibétain des morts.

      Gaspar Noé filme presque tout en caméra subjective, en longs plans flottants et visions hallucinées. Film-projet obsessionnel du cinéaste depuis l’adolescence, ENTER THE VOID mêle expérimental, mélodrame et imagerie psychédélique, avec un travail sonore et visuel devenu immédiatement culte (a noter, le générique fulgurant, néons tokyoïtes, VFX de BUF).

      Deux heures dans la tête – puis l’âme – d’un mort, au-dessus de Tokyo ? ENTER THE VOID, le trip ultime à vivre en salle.

      Affiche “Séance Culte du Champo” : rue nocturne à Tokyo sous la pluie, phares et reflets sur la chaussée, titre « Tokyo-Ga (1985) » de Wim Wenders, logo Le Champo.

      BUENA VISTA SOCIAL CLUB, de Wim Wenders (1999)

      Quand la musique ressuscite une génération entière.
      "In Havana, music isn't a pastime, it's a way of life"

      À La Havane, une poignée de musiciens “oubliés” se retrouvent, enregistrent, puis font basculer leur destin : répétitions, confidences, instants de rue et concerts deviennent une même célébration. 

      - Séance culte au Champo, car on partage un concert. c’est un documentaire devenu "film-doudou" pour des générations de spectateurs—un choc d’énergie et d’humanité, porté par une musique qui “prend” immédiatement.

      Acteurs / participants principaux : Compay Segundo, Ibrahim Ferrer, Rubén González, Omara Portuondo (et, parmi les figures marquantes, Ry Cooder).

      Un film-joie : du soleil, des voix, et une grâce rare

      Affiche du B.O. Ciné-Club – Les Choses de la vie (1970) de Claude Sautet, avec Michel Piccoli et Romy Schneider, musique de Philippe Sarde

      LES CHOSES DE LA VIE

      Après un accident de voiture, Pierre (Michel Piccoli) voit sa vie défiler : ses souvenirs, ses amours, ses doutes. Entre Hélène (Romy Schneider), sa maîtresse passionnée, et Catherine (Lea Massari), son épouse, il revisite les choix qui ont façonné son existence.
      Claude Sautet signe ici un film d’une intensité rare, où chaque geste et chaque silence racontent la fragilité de la vie.

      • Les Choses de la vie  marque la première collaboration entre Claude Sautet et Philippe Sarde, duo mythique du cinéma français (César et Rosalie, Un cœur en hiver…).

      • La musique de Sarde, avec son thème principal La Chanson d’Hélène (interprété par Romy Schneider et Michel Piccoli), est devenue indissociable du film.

      • Le film a remporté le Prix Louis-Delluc et fut un immense succès populaire (près de trois millions d’entrées).

      • Claude Sautet y affirme son style : un regard lucide et tendre sur les émotions humaines, mêlant pudeur et intensité

      À tombeau ouvert de Martin Scorsese : Nicolas Cage en ambulancier épuisé discute avec Patricia Arquette assise sur un brancard, image de la séance culte du Champo

      A TOMBEAU OUVERT

      Nicolas Cage en ambulancier au bord du gouffre, Scorsese au sommet de son cinéma nocturne : une plongée infernale dans New York, à (re)vivre au Champo.

      New York, début des années 90. Frank Pierce, ambulancier de nuit, ne dort plus, ne mange presque plus et n’a pas sauvé un patient depuis des mois. Chaque sortie dans les rues est une nouvelle plongée dans la misère, la drogue, la folie et la violence. Hanté par les fantômes de ceux qu’il n’a pas réussi à ramener à la vie, Frank vacille entre épuisement, visions et cynisme, enchaînant les gardes avec des collègues tous plus barrés les uns que les autres. Une nuit, il tente de ranimer M. Burke, victime d’un arrêt cardiaque, et croise sa fille Mary, ancienne junkie. Leur lien fragile devient un fil de survie au milieu du chaos.

      Scorsese retrouve Paul Schrader au scénario : même énergie fiévreuse que Taxi Driver, mais du point de vue d’un paramedic en burn-out. Tourné dans un New York nocturne et poisseux, porté par la photo électrique de Robert Richardson et la BO d’Elmer Bernstein, le film fut un semi-échec à sa sortie mais est devenu un titre culte de la filmo scorsesienne.

      Affiche “Séance Culte du Champo” : photo noir et blanc d’un homme souriant enlacé avec une jeune femme, titre « Nuits Blanches (1957) » de Luchino Visconti, logo Le Champo

      NUITS BLANCHES, de Luchino Visconti (1957)

      Trois nuits pour croire à l’amour… 
      Mastroianni, la neige, les lumières : le romantisme à fleur de peau.

      Synopsis : Un homme solitaire rencontre une jeune femme fragile, déjà suspendue à une promesse : pendant quelques nuits, ils se découvrent, s’espèrent, se manquent—avec un troisième homme comme ombre portée.

      Séance culte au Champo : parce que Visconti transforme Dostoïevski en mélodrame onirique, et que le film a marqué l’histoire (notamment par sa reconnaissance à Venise).

      À voir au Champo pour la magie des nuits artificielles (décors, lumières, profondeur de champ) qui prennent une autre dimension sur grand écran—on entre littéralement dans le rêve.

      Acteurs principaux : Maria Schell, Marcello Mastroianni, Jean Marais.

       

      La Dolce Vita de Federico Fellini – Marcello Mastroianni et Anita Ekberg dans la Fontaine de Trevi, scène culte du cinéma italien projetée au Champo

      LA DOLCE VITA - Federico Fellini, 1960

      Rome, la nuit, les fêtes et le vide : La Dolce Vita, le voyage au cœur du mythe Fellini.
      Le film qui a inventé la modernité du cinéma italien sur l’écran du Champo.

      Marcello, journaliste people à Rome, passe ses nuits à courir les fêtes, les vedettes et les mondanités, rêvant d’écrire enfin un “vrai” livre. Entre star suédoise qui se baigne dans la Fontaine de Trevi, aristocrates blasés, écrivain tourmenté, orgies au bord de la mer et drames intimes, il assiste à la vacuité d’un monde qui s’étourdit pour ne pas penser à son propre vide. Chronique en épisodes, La Dolce Vita est à la fois portrait de la Rome des années 60 et réflexion sur le sens de la vie, entre beauté, chaos et perditio

      • Palme d’or à Cannes 1960, Oscar des meilleurs costumes, le film fait scandale dans l’Italie conservatrice et vaut à Fellini la réprobation du Vatican.

      • La séquence de la Fontaine de Trevi avec Anita Ekberg est devenue l’une des images les plus célèbres de l’histoire du cinéma ; elle a figé l’idée d’une Rome nocturne, sensuelle et irréelle. 

      • Le mot « paparazzi » vient directement du personnage du photographe Paparazzo, et entrera ensuite dans le langage courant mondial. 

      • La musique de Nino Rota, entre fanfares de fête et thèmes mélancoliques, accompagne la dérive de Marcello et accentue le contraste entre vitrine glamour et désespoir intime.

      Nuages flottants  : Yukiko et Tomioka réunis dans le Tokyo d’après-guerre, mélodrame de Mikio Naruse

      NUAGES FLOTTANTS – Mikio Naruse, 1955

      Un couple perdu dans un Japon en ruines : NUAGES FLOTTANTS (récemment restauré), l’onde de choc émotionnelle sur grand écran.

      À la fin de la guerre, Yukiko rentre dans un Japon dévasté après avoir vécu en Indochine une passion clandestine avec Tomioka, fonctionnaire marié. Elle le retrouve à Tokyo, persuadée qu’il tiendra enfin sa promesse de divorcer. Mais Tomioka se dérobe, partagé entre sa femme, d’autres liaisons et son incapacité à choisir. Errant de chambres meublées en petits boulots, Yukiko s’accroche à cet amour qui la détruit, sur fond de pays en reconstruction et de désillusion générale

      Adapté du roman de Fumiko Hayashi, publié peu avant la mort de l’autrice, le film transpose une histoire d’amour toxique dans le chaos du Japon d’après-guerre.

      NUAGES FLOTTANTS est considéré comme le film le plus populaire de Naruse au Japon et figure parmi les meilleurs films japonais de tous les temps dans le classement Kinema Junpō.

      Yasujirō Ozu le qualifiait de film qu’il aurait été incapable de réaliser, hommage rarissime entre maîtres du cinéma japonais.

      MYSTERY TRAIN – Jim Jarmusch – (1989)

      Trois histoires, une nuit, Memphis comme carrefour fantôme : Japonais en pèlerinage Elvis, veuve italienne, punks à la ramasse : MYSTERY TRAIN, la nuit où Memphis devient un rêve un peu fêlé

      À Memphis, dans et autour d’un hôtel défraîchi, trois histoires la même nuit. Un couple de jeunes Japonais fans de rock traverse la ville sur les traces d’Elvis. Une veuve italienne, bloquée pour une nuit avec un cercueil à rapatrier, partage une chambre avec une Américaine volubile. Puis un Anglais fraîchement largué, un barman et un copain alcoolisé s’enfoncent dans une virée catastrophique. Tous passent par le même hôtel, tenu par un réceptionniste blasé et son portier impassible, tandis que la radio et les rumeurs gardent vivante la présence du King.

      Film à (re) voir au Champo :

      • Le film-jukebox de Jarmusch : Memphis, le rock, Elvis comme fantôme bienveillant qui relie des étrangers.
      • Un portrait magnifique de l’Amérique vue par les étrangers : décalée, mélancolique, drôle, jamais caricaturale.

      HEAT – Michael Mann, 1995

      Deux solitaires de chaque côté de la loi, un dernier braquage, Los Angeles comme labyrinthe nocturne : HEAT, le polar culte où Pacino et De Niro se regardent enfin dans les yeux.

      À Los Angeles, Neil McCauley dirige une équipe de braqueurs professionnels qui enchaînent les coups spectaculaires. Vincent Hanna, flic de la brigade criminelle, se lance à leurs trousses avec une obsession qui ruine sa vie privée. Tandis que McCauley prépare un dernier gros casse avant de quitter la ville, les deux hommes se jaugent à distance, se respectent, et finissent par se rencontrer lors d’un face-à-face désormais mythique dans un diner. Entre vies sentimentales fracassées, amitiés brisées et fusillades d’anthologie, leur duel les entraîne vers une tragédie inévitable sur le tarmac de LAX

      • HEAT marque la première vraie rencontre à l’écran entre Pacino et De Niro, après LE PARRAIN II où ils ne partageaient aucune scène.

      • Inspiré d’un policier réel et d’un téléfilm que Mann avait tourné auparavant (L.A. TAKEDOWN), le film est réputé pour son réalisme dans les scènes de braquage, les acteurs ayant été entraînés au maniement des armes comme des professionnels.

      • Tourné entièrement en décors réels, dans plus de 70 lieux de Los Angeles, HEAT a fortement influencé le polar moderne, notamment THE DARK KNIGHT de Christopher Nolan et des jeux vidéo comme GTA V.

      • Malgré son statut de classique, le film n’a reçu aucune nomination aux Oscars, souvent cité comme une des grandes « injustices » de l’Académie

      2046 IN THE MOOD FOR LOVE – Wong Kar-wai – (2004)

      Et si on ne pouvait jamais vraiment quitter la chambre où l’on a aimé quelqu’un ?

      À Hong Kong, à la fin des années 60, Chow Mo-wan, ancien journaliste devenu écrivain, tente de surmonter un amour passé qu’il n’a jamais vraiment oublié – celui vécu dans la chambre 2046 d’un hôtel, raconté dans In the Mood for Love.
      Il loue une nouvelle chambre dans le même couloir, la 2047, et commence à écrire un roman de science-fiction intitulé 2046, où des passagers voyagent en train vers un lieu où « rien ne change jamais ».

      Autour de lui défilent plusieurs femmes : Bai Ling, voisine de chambre qui tombe amoureuse de lui ; Wang Jing-wen, fille de son logeur qui aime un jeune Japonais ; une joueuse professionnelle surnommée “Black Spider”, autre Su Li-zhen… Autant de histoires avortées, de rendez-vous manqués, que Chow recycle dans son roman. Le film alterne ainsi les scènes “réelles” dans le Hong Kong des sixties et les visions futuristes du train de 2046, comme si le livre et la vie ne faisaient qu’un.

      • 2046 forme une suite libre de Days of Being Wild et d’In the Mood for Love : même personnage principal (Chow), mêmes motifs (chambres, couloirs, répétition, mémoire), mais en version plus éclatée et fiévreuse.

      • Le titre renvoie à la chambre d’hôtel, au roman de SF, mais aussi à une date politique : 2046 est l’année suivant la fin de la promesse de 50 ans d’“autonomie” faite à Hong Kong après 1997 – une allusion discrète à un futur incertain.

      • Le film est présenté en compétition à Cannes 2004 et multi-récompensé (Hong Kong Film Awards : meilleur acteur, meilleure actrice, photo, décors, musique…), souvent cité comme un des sommets visuels et musicaux de Wong Kar-wai.

      • 2046 prolonge les grands thèmes de WKW : le temps qui passe, l’impossibilité de “tourner la page”, les souvenirs qui deviennent plus réels que le présent, le tout porté par une mise en scène de la couleur, du cadre et de la musique quasi hypnotique

      La Grande Illusion de Jean Renoir – Jean Gabin et ses camarades officiers français prisonniers dans un camp allemand pendant 14-18, film culte projeté au Champo

      LA GRANDE ILLUSION – Jean Renoir, 1937

      L’illusion que la guerre “sert à quelque chose”.
      Prisonniers, ennemis, frères d’humanité : LA GRANDE ILLUSION, le chef-d’œuvre pacifiste de Renoir à (re)découvrir sur grand écran au Champo.

      Pendant la Première Guerre mondiale, l’avion du lieutenant Maréchal, ouvrier parisien, et du capitaine de Boëldieu, aristocrate, est abattu par le baron von Rauffenstein, officier allemand issu de la même classe sociale que Boëldieu. Faits prisonniers, ils rejoignent un camp où sont rassemblés des officiers français de milieux très divers, dont Rosenthal, banquier juif généreux qui partage ses colis avec tous. Ensemble, ils creusent un tunnel pour s’évader, puis sont transférés dans une forteresse “inechappable” commandée par Rauffenstein.

      - Film considéré comme un des sommets du cinéma mondial et un grand film pacifiste et humaniste.

      - Le titre vient de l’essai The Great Illusion de Norman Angell, qui démontrait l’absurdité économique de la guerre entre nations européennes : Renoir y voit une “illusion” politique et sociale à déconstruire.

      - En 1939, LA GRANDE ILLUSION devient le premier film en langue étrangère nommé à l’Oscar du Meilleur film– statut historique qu’on rappelle rarement en salle.

      - Le film est rapidement censuré : déclaré “ennemi public numéro 1” par la propagande nazie, confisqué, puis interdit par Vichy. Les négatifs ont longtemps été considérés comme perdus avant d’être miraculeusement retrouvés puis restaurés à partir de l’original nitrate dans les années 1990–2000.

      La Planète sauvage de René Laloux – un géant bleu (un Draag) tient un minuscule humain dans sa main, fable d’animation culte projetée au Champo

      LA PLANÈTE SAUVAGE – René Laloux, 1973

      Et si La Planète sauvage  était le film d’animation qui parle le mieux de notre monde ?

      Sur la planète Ygam règne une civilisation de géants bleus, les Draags, êtres hyper-évolués qui passent leur temps à méditer. Les humains, les Oms, ne sont plus que des animaux domestiques ou des nuisibles à exterminer.

      Recueilli tout bébé par la jeune Draag Tiwa, l’Om Terr grandit en secret en absorbant les connaissances de ses maîtres. Quand il s’enfuit avec le dispositif d’apprentissage draag, il transmet ce savoir aux Oms sauvages, qui s’organisent, se révoltent et cherchent un moyen de survivre sur un mystérieux satellite : la « planète sauvage »

      À noter:

      • L’animation est réalisée en papier découpé dans les studios Jiří Trnka à Prague : chaque dessin, aux teintes pastel, est découpé et animé image par image, donnant au film son aspect onirique unique. 

      • Prix spécial du jury au Festival de Cannes 1973, puis récompensé à Trieste, Atlanta, Téhéran… le film s’impose comme un jalon du cinéma d’animation adulte.

      • Longtemps film « culte » à l’étranger (édition Criterion, Masters of Cinema), il est aujourd’hui pleinement réhabilité en France, notamment grâce à une restauration soutenue par le CNC en 2016.

      • Sa fable politique et écologique sur la domination, l’esclavage et la possibilité d’une coexistence a influencé de nombreux créateurs, du cinéma d’animation japonais à la BD de science-fiction

      Le Voyageur de la Toussaint de Louis Daquin – un jeune homme arrive dans une ville portuaire et affronte des notables, film policier adapté de Simenon projeté au Champo

      LE VOYAGEUR DE LA TOUSSAINT — Louis Daquin (1943)

      Un héritage… et une ville entière qui ment. Bienvenue à La Rochelle version Simenon

      Gilles Mauvoisin, qui vient de perdre ses parents, arrive à La Rochelle et apprend qu’il est l’unique héritier de son oncle Octave, riche homme d’affaires. Très vite, il découvre l’existence d’un groupe de notables — “le syndicat” — qui tient la ville et dont les secrets semblent liés à la fortune de son oncle. Gilles se retrouve au cœur d’un réseau de chantage, de menaces et de manipulations où chacun a quelque chose à cacher.

      Un Simenon “ville-piège” parfait : atmosphère, faux-semblants, notables toxiques.

      La Vérité sur Bébé Donge de Henri Decoin – Danielle Darrieux et Jean Gabin dans un drame conjugal inspiré de Simenon, film projeté au Champo

      LA VÉRITÉ SUR BÉBÉ DONGE — Henri Decoin (1952)

      Elle l’a empoisonné. Le plus dur commence : comprendre pourquoi

      Élisabeth d’Onneville, dite “Bébé”, a empoisonné François Donge, riche industriel. Pendant que François lutte à l’hôpital, il revoit leur histoire : un mariage né d’un mélange de convenance et de curiosité, puis l’usure, l’incompréhension, les humiliations — et l’ombre des maîtresses. À mesure que les souvenirs s’emboîtent, “la vérité” se déplace : du fait divers vers l’autopsie d’un couple.
      un Gabin moins attendu : pas le “dur”, mais l’homme qui se découvre coupable autrement.

      La Mort de Belle d’Édouard Molinaro – un professeur soupçonné après le meurtre d’une jeune Américaine, thriller psychologique adapté de Simenon projeté au Champo

      LA MORT DE BELLE — Édouard Molinaro (1961)

      Un crime “impossible”… et pourtant tout accuse le même homme

      Près de Genève, Stéphane Blanchon, professeur de lettres, vit avec son épouse dans une tranquillité sans aspérités. Ils hébergent quelques jours Belle Sherman, jeune Américaine. Un matin, Belle est retrouvée étranglée dans sa chambre. Problème : Stéphane était seul dans la maison au moment du crime. Rapidement, les regards changent, les rumeurs s’installent, la “normalité” se fissure et l’homme devient suspect idéal — même quand un commissaire doute

      Un Simenon de la suspicion pure : la mécanique sociale (commérages, réputation, procès moral) est le vrai suspense.

      Quand l’opinion condamne avant la justice

      Permanent Vacation de Jim Jarmusch – un jeune homme dans Manhattan, film d’errance post-punk projeté au Champo

      PERMANENT VACATION – Jim Jarmusch – (1980)

      Un gamin perdu dans un New York en ruines : PERMANENT VACATION, la toute première dérive signée Jarmusch

      Aloysious “Allie” Parker n’a ni travail, ni école, ni vraie maison. Il erre dans un Manhattan délabré, croisant danseuses, fous doux, soldats perdus, types à côté de la plaque. Il parle, écoute des bribes de jazz, regarde le monde comme s’il était déjà un peu à côté. Le film suit deux jours et demi de sa vie : pas de grande intrigue, mais une succession de rencontres excentriques qui dessinent le portrait d’une génération en marge, entre fin des années 70 et début du no future.

      • Le point de départ de la planète Jarmusch : tournage “guérilla”, déjà ce sens de la dérive et du temps suspendu. on y sent émerger le ton, la musique et les figures qui irrigueront tout son cinéma.

      Affiche “Séance Culte du Champo” : deux hommes assis dans une voiture vus de profil, ambiance polar, titre « L’Ami américain (1977) » de Wim Wenders, logos Le Champo et Carlotta.

      L’AMI AMÉRICAIN, de Wim Wenders (1977

      Un pacte. Deux hommes. Et la nuit qui se referme. 
      Le polar selon Wenders : élégant, vénéneux, sidérant.

      Synopsis : Tom Ripley, marchand d’art américain aussi fascinant qu’inquiétant, repère Jonathan, encadreur allemand atteint d’une maladie grave. En jouant sur son désespoir, il l’introduit à des criminels qui veulent le recruter pour tuer… et la spirale commence.

      Séance culte du Champo parce que Wenders y signe un hommage très personnel au film noir (adapté d’un roman de Patricia Highsmith), avec une ambiance unique et des séquences devenues mythiques.

      Acteurs principaux : Dennis Hopper, Bruno Ganz, Lisa Kreuzer, Gérard Blain

      STRANGER THAN PARADISE – Jim Jarmusch – (1984)

      « Le road movie le plus flegmatique du monde. »

      Trois paumés, trois villes, zéro plan de vie : STRANGER THAN PARADISE, la naissance du cool selon Jarmusch

      Willie, petit joueur blasé qui vit à Brooklyn, voit débarquer sa cousine Eva, fraîchement arrivée de Hongrie, qu’il doit héberger quelques jours. Ils cohabitent dans un appartement quasi vide. Un an plus tard, Willie et son ami Eddie décident de rejoindre Eva à Cleveland, puis d’embarquer tous les trois pour la Floride, où ils espèrent enfin trouver “quelque chose”.

      • STRANGER THAN PARADISE est le film manifeste du cinéma indépendant US des années 80 : tourné pour une bouchée de pain, récompensé à Cannes (Caméra d’or) et devenu modèle de liberté formelle.
      • Le style Jarmusch : personnages décalés, faux road movie, vrais moments suspendus.

      L’Homme de la rue de Frank Capra : Barbara Stanwyck ajuste le nœud papillon de Gary Cooper, image en noir et blanc de la séance culte du Champo

      L'HOMME DE LA RUE (MEET JOHN DOE) de Frank Capra (1941)

      Gary Cooper et Barbara Stanwyck au cœur d’une fable explosive sur le fake, les médias et le pouvoir du peuple.

      Et si un simple canular de journaliste mettait tout un pays en mouvement ?

      Licenciée par son journal, la chroniqueuse Ann Mitchell invente, par revanche, une lettre signée d’un certain John Doe, chômeur désespéré qui menace de se jeter du haut de l’hôtel de ville le soir de Noël pour dénoncer l’injustice faite aux « gens ordinaires ». Le billet fait sensation, les ventes explosent : le journal la reprend… à condition de trouver un véritable “John Doe” à montrer au public.
      Ann recrute alors John Willoughby, ancien joueur de base-ball sans le sou, pour jouer le rôle. Le faux désespéré devient vite vrai porte-parole d’un immense mouvement populaire, les « clubs John Doe », pendant que le propriétaire du journal, industriel autoritaire, voit dans cette ferveur une formidable arme politique à son service. John, lui, commence à croire à ce qu’il dit… jusqu’au jour où la supercherie éclate.

      Pourquoi le revoir au Champo ? Parce que Capra signe ici l’une de ses œuvres les plus actuelles : fake news, manipulation médiatique, récupération politique, démago qui flirte avec le fascisme… tout y est, en 1941 déjà !

       

      Annie Girardot et Alain Delon sur les toits de Milan dans Rocco et ses frères de Visconti

      ROCCO ET SES FRÈRES (Rocco e i suoi fratelli) – Luchino Visconti, 1960

      Alain Delon, Annie Girardot, Visconti : le choc frontal entre fraternité, désir et violence.

      Fuyant la misère de la Lucanie, la veuve Rosaria Parondi arrive à Milan avec ses fils Simone, Rocco, Ciro et Luca, rejoindre l’aîné Vincenzo. Chacun tente de trouver sa place dans la grande ville industrielle : Simone mise sur la boxe, Rocco travaille à la teinturerie puis monte à son tour sur le ring, Ciro étudie pour devenir ouvrier qualifié. L’équilibre fragile de la famille explose lorsque Simone et Rocco tombent amoureux de la même femme, Nadia, une prostituée en quête de dignité. Leur rivalité amoureuse et sociale précipite la famille vers la tragédie.

      + Prix spécial du jury à la Mostra de Venise 1960 et figure dans la liste officielle des 100 films italiens à sauver. 

      + Martin Scorsese et Francis Ford Coppola citent ROCCO ET SES FRÈRES parmi leurs références majeures, notamment pour LE PARRAIN

      Visuel du film LA REINE MARGOT de Patrice Chéreau, avec Isabelle Adjani. séance culte Le Champo

      LA REINE MARGOT de Patrice Chéreau

      Adapté du roman d’Alexandre Dumas, La Reine Margot  est la grande fresque historique de Patrice Chéreau : un film de cour et de sang, de complots et de passions, qui plonge le spectateur au cœur des guerres de Religion, entre les noces de Marguerite de Valois et le massacre de la Saint-Barthélemy.
      Isabelle Adjani incarne une Margot sensuelle et politique, prise entre un mariage forcé avec Henri de Navarre, les intrigues meurtrières de Catherine de Médicis et la folie de son frère, le roi Charles IX, joué par Jean-Hugues Anglade.

      Projeté en copie restaurée, le film retrouve sur grand écran la puissance de sa mise en scène : couleurs sombres et rouges sang, corps en mouvement, caméra au plus près des visages et du chaos

      Affiche de « Tokyo-Ga » : décor urbain nocturne aux néons,

      TOKYO-GA, de Wim Wenders (1985)

      Tokyo comme un rêve éveillé — et Ozu comme boussole

      Wim Wenders parcourt Tokyo en cherchant les images et l’esprit du Japon d’Ozu : Rencontres, Fragments de ville, et Réflexion sur ce que le cinéma capte (ou perd) d’un monde qui change.

      Séance culte au Champo, parce que c’est un “film-essai” essentiel pour les cinéphiles—une lettre d’amour au cinéma d’Ozu et, plus largement, à l’art de cadrer le réel.

      Acteurs / intervenants principaux : Chishū Ryū, Yūharu Atsuta, Werner Herzog

      Un film pour ralentir. Et respirer.

      Affiche “Séance Culte du Champo” : photo noir et blanc d’une enfant de dos regardant une ville à travers un grillage, veste “Alaska”, titre « Alice dans les villes » de Wim Wenders, logo Le Champo.

      ALICE DANS LES VILLES, de Wim Wenders (1974)

      Le Wenders “originel” : tendre, libre, profondément humain.

      Un journaliste en panne d’inspiration erre aux États-Unis, ne “ramasse” que des Polaroids, puis se retrouve à accompagner Alice, une enfant confiée par sa mère… qui disparaît.
      À Amsterdam, puis sur les routes allemandes, commence une quête du lieu où elle pourra enfin rentrer.

      • Séance culte du Champo parce que c’est la matrice du Wenders des années 70 (route, mélancolie, rencontres, amour du cinéma américain), souvent considéré par Wim Wenders comme un film fondateur.

      • À voir au Champo pour la beauté du noir et blanc et le “temps” du film en salle — on se laisse happer par les visages, les paysages, les silences.

      Acteurs principaux : Rüdiger Vogler, Yella Rottländer, Lisa Kreuzer

      Un film qui réapprend à regarder.
      Une journée particulière d’Ettore Scola – Sophia Loren et Marcello Mastroianni s’enlacent entre deux draps étendus sur une terrasse, film projeté au Champo

      UNE JOURNÉE PARTICULIÈRE de Ettore Scola (1977)

      Une terrasse, des draps qui sèchent, un régime qui écrase : la plus belle histoire d’amitié et de résistance, signée Ettore Scola

      6 mai 1938, Rome. Tandis que la ville entière défile pour accueillir Hitler venu rencontrer Mussolini, Antonietta, mère de six enfants et épouse dévouée d’un militant fasciste, reste seule dans son grand immeuble déserté. La fuite de son perroquet l’amène à croiser Gabriele, voisin cultivé, célibataire, licencié de la radio et promis à la déportation en raison de son homosexualité. Au fil de cette journée suspendue, ces deux êtres que tout oppose nouent une complicité fragile, faite de confidences, de désir à peine avoué et de conscience politique naissante.

      • Film qui montre le fascisme - non par la grandiloquence des discours - mais par la violence ordinaire, domestique, du quotidien.

      • Tourné presque entièrement dans un même immeuble, dans une palette sépia, il crée un sentiment d’enfermement à contre-courant des films de reconstitution historique. 

      • Scola retrouve le duo Loren/Mastroianni, mais les détourne de leurs rôles glamour habituels : elle apparaît sans maquillage, lui joue la fragilité et la mélancolie. 

      • Le film reçoit un accueil critique très fort, une nomination à l’Oscar du meilleur film étranger et plusieurs prix internationaux, devenant un classique du cinéma italien politique.

      Une journée particulière, chef-d’œuvre à voir ou à redécouvrir au Champo

      QUAND LA PANTHERE ROSE S'EM.MELE

      Traqué par 26 tueurs… et sauvé par sa propre incompétence.

      Clouseau, c’est l’homme traqué… qui ne le sait pas. Dreyfus est enfin déclaré “guéri”. Il sort, il sourit, il respire… puis Clouseau lui rend visite. Quelques minutes plus tard : rechute immédiate, rage totale, et retour express à la folie. Dreyfus s’évade, s’entoure de criminels internationaux, enlève un savant et met au point une arme de destruction massive. Ultimatum planétaire : si on n’élimine pas Clouseau, une capitale sautera.

      Du jour au lendemain, Clouseau devient l’homme le plus recherché du globe : 26 tueurs sont  lancés dans la course. Sauf que Clouseau avance, persuadé d’enquêter normalement, pendant que le danger se rapproche à chaque coin de rue. Et c’est là que le miracle Sellers opère : entre élégance involontaire, maladresse légendaire et timing surnaturel, Clouseau déjoue les pièges sans même comprendre qu’il les déjoue. Résultat : une poursuite mondiale transformée en ballet burlesque, où la catastrophe devient un art…

      À noter
      Dans cet opus, la “Panthère rose” n’est plus le diamant : la saga est désormais totalement aimantée par Clouseau — le titre devient presque son surnom.

      Acteurs / actrices
      Peter Sellers, Herbert Lom, Lesley-Anne Down, Colin Blakely, Leonard Rossiter, Burt Kwouk.