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LES SÉANCES CULTES DU CHAMPO

Certains films ne quittent jamais l'ecran
et vivent avec nous


Les séances cultes de la semaine du mercredi 6 au mardi 12 mai 2026 (semaine 19)

  • LE GOÛT DES AUTRES  (2000) de Agnés Jaoui - 1h53 VF :  LUN: 21:30
  • LA SOIF DU MAL  (1958) de Orson Welles - 1h51 VOSTF :   MER: 21:50
  • OLD BOY (2003) de Park Chan Wook  - 1h59 VOSTF :   MAR: 21:40
  • MADEMOISELLE (2016) de Park Chan Wook  - 2h25 VOSTF :   DIM: 20:10
  • L'ESPRIT DE LA RUCHE (1973) de Victor Erice - 1h37 VOSTF :   VEN: 22:10
  • PERMANENT VACATION  (1980) de Jim Jarmusch - 1h17 VOSTF :   DIM: 22:10
  • STRANGER THAN PARADISE (1984) de Jim Jarmusch - 1h31 VOSTF :   MAR: 22:10
  • PARIS TEXAS (1984) de Wim Wenders  - 2h25 VOSTF :   SAM: 20:10
  • LA PLANETE SAUVAGE (1968) de René Laloux - 1h15 VF : MER: 22:10    VEN: 22:20       
  • LES CHOSES DE LA VIE (1970) de Claude Sautet - 1h25 VF :  LUN: 22:10 

Horaires de la semaine pour les séances cultes du champo

Ci-dessous quelques uns des Films cultes sélectionnés par le Champo.  Et qui sont programmés cette semaine, ou dans les prochaines semaines. 

Bonnes séances culte du Champo


Affiche du film Old Boy de Park Chan-wook pour la séance culte du Champo, thriller sud-coréen sorti en 2003

OLD BOY — Park Chan-wook (2003)

Thriller sud-coréen de Park Chan-wook, avec Choi Min-sik, Yoo Ji-tae et Kang Hye-jung. Le film s’inscrit dans la trilogie de la vengeance du cinéaste, entre Sympathy for Mr. Vengeance et Lady Vengeance.

- Quinze ans d’enfermement sans explication. Cinq jours pour comprendre pourquoi - une quête de vérité qui vire au cauchemar.

Oh Dae-su, père de famille ordinaire, est enlevé puis enfermé pendant quinze ans dans une cellule privée, sans savoir par qui ni pourquoi. Relâché tout aussi soudainement, il découvre qu’on lui laisse seulement quelques jours pour identifier son geôlier et comprendre le motif de ce supplice. Sa vengeance devient alors une descente vertigineuse dans un monde de manipulation, de violence et de révélations dévastatrices

À savoir 

  • Oldboy a remporté le Grand Prix du Festival de Cannes en 2004
  • La scène du couloir, filmée comme un affrontement épuisant et presque physique en temps réel, est devenue l’une des signatures du film.
  • Le film est une adaptation libre d’un manga japonais de Garon Tsuchiya et Nobuaki Minegishi

Film culte du Champo, Old Boy est un thriller de vengeance d’une puissance visuelle et émotionnelle rare. Un grand film de mise en scène, avec un labyrinthe de vengeance, de mémoire et de culpabilité, porté par l’énergie visuelle de Park Chan-wook et par l’interprétation hallucinée de Choi Min-sik. Et un final vertigineux : une expérience de cinéma à vivre en salle

MADEMOISELLE de Park Chan-wook

Maître du New Korean Cinema, Park Chan-wook filme la vengeance comme un poison lent : précision de la mise en scène, humour noir, mélodrame et coups de théâtre.

Une escroquerie soigneusement montée déraille et devient un jeu de dupes… avant de se muer en histoire de désir et d’émancipation. Dans la Corée sous occupation japonaise, Sook-hee, une jeune pickpocket est engagée comme servante d’une riche héritière recluse. Elle participe à un complot monté par un escroc pour dépouiller “Mademoiselle”… mais le plan se complique : secrets, renversements d’alliances, et sentiments inattendus font dérailler l’arnaque initiale. Park Chan-wooken mode “grand roman” : suspense, humour noir, sensualité, jeu de dupes, et retournements d’une précision diabolique. En salle, la mise en scène luxuriante (décors, mouvements, détail) est un régal — et le film dialogue parfaitement avec la trilogie : même obsession du contrôle, mais avec une énergie plus ludique et libératrice. Film sélectionné en compétition à Cannes.

LA SOIF DU MAL (TOUCH OF EVIL) — Orson Welles (1958

La Soif du mal est l’un des grands chocs du cinéma américain. Un des plans-séquences les plus célèbres - mythique de l’histoire du cinéma, une ville-frontière gangrenée par la corruption, Orson Welles gigantesque et inquiétant : La Soif du mal est un sommet du film noir, à la fois fiévreux, baroque et d’une modernité intacte.

Dans une ville à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, l’enquête sur un attentat oppose un enquêteur intègre à un policier aussi fascinant que corrompu.
Lors de son voyage de noces avec Susie, Mike Vargas, responsable mexicain anti-stupéfiants, se retrouve mêlé à l’enquête sur l’explosion d’une voiture piégée. Face à lui : le capitaine Hank Quinlan, flic vétéran aux méthodes expéditives, dont l’efficacité masque mal les compromissions. Plus Vargas s’approche de la vérité, plus la ville révèle son vrai visage : violence, manipulation, racisme, et une corruption qui contamine tout.

Le film a reçu le Prix de la critique internationale au Brussels World Film Festival en 1958.

Musique par Henry Mancini

Acteurs principaux :Orson Welles, Charlton Heston, Janet Leigh, Marlene Dietrich.

Affiche de la séance culte  L’Esprit de la ruche de Víctor Erice au Champo, avec Ana Torrent dans un récit poétique autour de l’enfance, du mystère et de Frankenstein.

L'ESPRIT DE LA RUCHE - Victor Erice (1973)

Avec L’Esprit de la ruche, Víctor Erice signe l’un des grands films sur l’enfance : une œuvre silencieuse, lumineuse et troublante, où l’imaginaire d’une petite fille devient le miroir d’un pays encore hanté.

Dans l’Espagne rurale de 1940, une fillette (Ana) bouleversée par la découverte de Frankenstein part à la recherche du “monstre” — ou peut-être d’un esprit que les adultes ne savent plus voir. Sa sœur Isabel lui laisse entendre qu’il existe réellement, quelque part non loin du village.

Dès lors, Ana entre dans une zone fragile entre jeu, croyance et révélation. Le monde des adultes, lui, paraît absent, blessé, enfermé dans ses silences. À travers le regard d’une enfant, L’Esprit de la ruche transforme un souvenir de cinéma en conte initiatique, politique et poétique.

L’Esprit de la ruche a remporté la Coquille d’or du meilleur film au Festival de Saint-Sébastien en 1973.

Nastassja Kinski dans Paris, Texas de Wim Wenders, film culte au cinéma Le Champo à Paris

PARIS, TEXAS – Wim Wenders, 1984

Et si la plus belle histoire d’amour se cachait derrière les néons de Paris, Texas ?

Après quatre années de disparition, Travis réapparaît, hagard, dans le désert du Texas. Recueilli par un médecin, il est ramené par son frère Walt à Los Angeles, où l’attend son jeune fils Hunter, qu’il avait abandonné. Peu à peu, la parole revient et la culpabilité affleure. Père et fils prennent alors la route pour retrouver Jane, la mère de l’enfant, entre motels, terrains vagues et néons de peep-shows. La quête d’une famille brisée devient un voyage sensible à travers les paysages de l’Ouest

  • Palme d’or, Prix FIPRESCI et Prix du Jury œcuménique à Cannes 1984 : triplé rarissime qui consacre le film comme un classique immédiat.

  • Scénario co-écrit par Sam Shepard à partir de son univers de Motel Chronicles ; la structure du film s’est construite autour de la relation père-fils puis de la confrontation finale avec Jane.

  • La musique de Ry Cooder, composée en studio en regardant les images, s’inspire du blues « Dark Was the Night, Cold Was the Ground » de Blind Willie Johnson et donne au film son atmosphère hypnotique

  • Le film a marqué plusieurs générations d’artistes : U2 cite Paris, Texas pour The Joshua Tree ; des musiciens comme Kurt Cobain ou Elliott Smith l’ont déclaré film fétiche, et de nombreux cinéastes (Wes Anderson, Sam Mendes…) revendiquent son influence.

  • Tourné par Robby Müller, le film offre certaines des images les plus célèbres du cinéma des années 80 : le désert ocre, le motel au néon, la vitre sans tain entre Travis et Jane.

Un homme, un enfant, une femme à retrouver : Paris, Texas,  Palme d’or et sommet du road-movie sentimental, se redécouvre au Champo.

La Planète sauvage de René Laloux – un géant bleu (un Draag) tient un minuscule humain dans sa main, fable d’animation culte projetée au Champo

LA PLANÈTE SAUVAGE – René Laloux, 1973

Et si La Planète sauvage  était le film d’animation qui parle le mieux de notre monde ?

Sur la planète Ygam règne une civilisation de géants bleus, les Draags, êtres hyper-évolués qui passent leur temps à méditer. Les humains, les Oms, ne sont plus que des animaux domestiques ou des nuisibles à exterminer.

Recueilli tout bébé par la jeune Draag Tiwa, l’Om Terr grandit en secret en absorbant les connaissances de ses maîtres. Quand il s’enfuit avec le dispositif d’apprentissage draag, il transmet ce savoir aux Oms sauvages, qui s’organisent, se révoltent et cherchent un moyen de survivre sur un mystérieux satellite : la « planète sauvage »

À noter:
-
L’animation est réalisée en papier découpé dans les studios Jiří Trnka à Prague : chaque dessin, aux teintes pastel, est découpé et animé image par image, donnant au film son aspect onirique unique. 
- Prix spécial du jury au Festival de Cannes 1973, puis récompensé à Trieste, Atlanta, Téhéran… le film s’impose comme un jalon du cinéma d’animation adulte.
- Longtemps film « culte » à l’étranger (édition Criterion, Masters of Cinema), il est aujourd’hui pleinement réhabilité en France, notamment grâce à une restauration soutenue par le CNC en 2016.
- Sa fable politique et écologique sur la domination, l’esclavage et la possibilité d’une coexistence a influencé de nombreux créateurs, du cinéma d’animation japonais à la BD de science-fiction

Permanent Vacation de Jim Jarmusch – un jeune homme dans Manhattan, film d’errance post-punk projeté au Champo

PERMANENT VACATION – Jim Jarmusch – (1980)

Un gamin perdu dans un New York en ruines : PERMANENT VACATION, la toute première dérive signée Jarmusch

Aloysious “Allie” Parker n’a ni travail, ni école, ni vraie maison. Il erre dans un Manhattan délabré, croisant danseuses, fous doux, soldats perdus, types à côté de la plaque. Il parle, écoute des bribes de jazz, regarde le monde comme s’il était déjà un peu à côté. Le film suit deux jours et demi de sa vie : pas de grande intrigue, mais une succession de rencontres excentriques qui dessinent le portrait d’une génération en marge, entre fin des années 70 et début du no future.

  • Le point de départ de la planète Jarmusch : tournage “guérilla”, déjà ce sens de la dérive et du temps suspendu. on y sent émerger le ton, la musique et les figures qui irrigueront tout son cinéma.

Affiche du B.O. Ciné-Club – Les Choses de la vie (1970) de Claude Sautet, avec Michel Piccoli et Romy Schneider, musique de Philippe Sarde

LES CHOSES DE LA VIE de Claude SAUTET - (1970)

Après un accident de voiture, Pierre (Michel Piccoli) voit sa vie défiler : ses souvenirs, ses amours, ses doutes. Entre Hélène (Romy Schneider), sa maîtresse passionnée, et Catherine (Lea Massari), son épouse, il revisite les choix qui ont façonné son existence.
Claude Sautet signe ici un film d’une intensité rare, où chaque geste et chaque silence racontent la fragilité de la vie.

  • Les Choses de la vie  marque la première collaboration entre Claude Sautet et Philippe Sarde, duo mythique du cinéma français (César et Rosalie, Un cœur en hiver…).

  • La musique de Sarde, avec son thème principal La Chanson d’Hélène (interprété par Romy Schneider et Michel Piccoli), est devenue indissociable du film.

  • Le film a remporté le Prix Louis-Delluc et fut un immense succès populaire (près de trois millions d’entrées).

  • Claude Sautet y affirme son style : un regard lucide et tendre sur les émotions humaines, mêlant pudeur et intensité

STRANGER THAN PARADISE – Jim Jarmusch – (1984)

« Le road movie le plus flegmatique du monde. »

Trois paumés, trois villes, zéro plan de vie : STRANGER THAN PARADISE, la naissance du cool selon Jarmusch

Willie, petit joueur blasé qui vit à Brooklyn, voit débarquer sa cousine Eva, fraîchement arrivée de Hongrie, qu’il doit héberger quelques jours. Ils cohabitent dans un appartement quasi vide. Un an plus tard, Willie et son ami Eddie décident de rejoindre Eva à Cleveland, puis d’embarquer tous les trois pour la Floride, où ils espèrent enfin trouver “quelque chose”.

  • STRANGER THAN PARADISE est le film manifeste du cinéma indépendant US des années 80 : tourné pour une bouchée de pain, récompensé à Cannes (Caméra d’or) et devenu modèle de liberté formelle.
  • Le style Jarmusch : personnages décalés, faux road movie, vrais moments suspendus.

Affiche de la séance culte "Le Goût des autres" d’Agnès Jaoui au Champo, comédie chorale avec Jean-Pierre Bacri, Anne Alvaro, Alain Chabat et Gérard Lanvin.

LE GOÛT DES AUTRES — Agnès Jaoui (2000)

Un chef d’entreprise découvre Racine, tombe amoureux d’une actrice, tente d’entrer dans son univers, veut devenir “quelqu’un d’autre”… et se heurte au goût, aux codes, aux snobismes et aux maladresses de chacun.
Avec Le Goût des autres, Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri signent une comédie d’une précision redoutable : drôle, tendre, cruelle juste ce qu’il faut — et toujours incroyablement actuelle.

Synopsis: Jean-Jacques Castella, chef d’entreprise pragmatique et peu porté sur les choses de l’art, assiste un soir à une représentation de Bérénice. Il y découvre Clara, comédienne, et tombe sous le charme — d’elle, du théâtre, d’un monde qu’il ne connaît pas.

Par hasard, Clara devient aussi sa professeure d’anglais. Castella tente alors de s’approcher d’elle et de son cercle d’amis artistes. Mais entrer dans un nouveau milieu n’est jamais simple : il y a les goûts, les codes, les malentendus, les réflexes de classe, les susceptibilités, les jugements trop rapides. Autour de lui gravitent une épouse décoratrice, un chauffeur, un garde du corps, une serveuse, des artistes, des solitudes — toute une petite société qui se regarde, se jauge, se désire et se trompe.

A voir et revoir : 

  • Pour Jean-Pierre Bacri, magnifique en homme bourru, maladroit, touché malgré lui par ce qu’il croyait ne pas comprendre.
  • Pour la justesse du duo Agnès Jaoui / Jean-Pierre Bacri, qui observe les rapports sociaux sans jamais réduire les personnages à des caricatures.
  • Pour une comédie française rare : drôle parce qu’elle est exacte, tendre parce qu’elle n’est jamais naïve.
  • Parce que le film parle de nous : nos goûts, nos clans, nos certitudes, nos petits mépris — et la possibilité, parfois, de les dépasser.
Nicole Kidman blonde souriante face caméra dans Prête à tout de Gus Van Sant (1995), satire sur l’ambition et la célébrité

PRÊTE À TOUT (TO DIE FOR), de Gus Van Sant (1995)

Et si le rêve de célébrité valait tous les sacrifices — absolument tous ?
Avec Prête à tout, Gus Van Sant signe une comédie noire aussi drôle que glaçante, portée par une Nicole Kidman inoubliable.

Une jeune femme obsédée par la célébrité manipule son entourage pour devenir présentatrice télé, quitte à franchir toutes les limites.

Suzanne Stone n’a qu’une idée en tête : passer à la télévision. Convaincue que la célébrité est la clé de tout, elle épouse un jeune homme gentil mais sans ambition, dont la vie tranquille devient vite un obstacle. Déterminée à réussir, Suzanne orchestre avec un sang-froid implacable une série de manipulations, jusqu’à entraîner de jeunes adolescents dans un plan criminel. Entre faux documentaire et satire grinçante, Prête à tout démonte les mécanismes du rêve américain et de la fabrication des images.

Avec : Nicole Kidman, Matt Dillon, Joaquin Phoenix, Casey Affleck, Illeana Douglas

Un film aussi drôle qu’inquiétant, à voir et revoir
- Nicole Kidman, exceptionnelle, dans l’un de ses rôles les plus marquants, dans une mise en scène brillante de Gus Van Sant, entre comédie, polar et faux documentaire (mockumentary).
- Pour une satire visionnaire des médias et de la célébrité — encore plus actuelle aujourd’hui.
- Golden Globe 1996 : Meilleure actrice dans une comédie ou comédie musicale (Nicole Kidman)
- (Le film est inspiré d’un fait divers réel survenu aux États-Unis)

Affiche de la séance culte du Champo “Niagara” (1953) de Henry Hathaway, avec Marilyn Monroe, Joseph Cotten et Jean Peters

NIAGARA — Henry Hathaway, 1953

Carte postale, lune de miel… et piège mortel : aux chutes du Niagara, l’amour devient une zone à risques.

Deux couples se croisent à Niagara Falls : l’un en voyage, l’autre au bord de l’implosion — et la jalousie, la tromperie et un plan criminel font basculer le séjour en drame.

Ray et Polly Cutler arrivent aux chutes du Niagara côté canadien et rencontrent Rose et George Loomis, couple en crise. Rose, sensuelle et insaisissable, semble jouer un double jeu ; George, jaloux et instable, est sur le point d’exploser. Dans ce décor touristique filmé comme un piège, un projet de meurtre se met en place — et rien ne se déroule comme prévu.
avec : Marilyn Monroe, Joseph Cotten, Jean Peters

À voir et revoir :
- Un film noir en Technicolor : rareté délicieuse — des couleurs éclatantes pour une histoire noire.
- Marilyn Monroe au moment où elle devient star : Niagara la propulse au premier plan, et le film installe son image “mythique”. Un rôle-clé dans la légende Monroe.

L’Homme de la rue de Frank Capra : Barbara Stanwyck ajuste le nœud papillon de Gary Cooper, image en noir et blanc de la séance culte du Champo

L'HOMME DE LA RUE (MEET JOHN DOE) de Frank Capra (1941)

Gary Cooper et Barbara Stanwyck au cœur d’une fable explosive sur le fake, les médias et le pouvoir du peuple.

Et si un simple canular de journaliste mettait tout un pays en mouvement ?

Licenciée par son journal, la chroniqueuse Ann Mitchell invente, par revanche, une lettre signée d’un certain John Doe, chômeur désespéré qui menace de se jeter du haut de l’hôtel de ville le soir de Noël pour dénoncer l’injustice faite aux « gens ordinaires ». Le billet fait sensation, les ventes explosent : le journal la reprend… à condition de trouver un véritable “John Doe” à montrer au public.
Ann recrute alors John Willoughby, ancien joueur de base-ball sans le sou, pour jouer le rôle. Le faux désespéré devient vite vrai porte-parole d’un immense mouvement populaire, les « clubs John Doe », pendant que le propriétaire du journal, industriel autoritaire, voit dans cette ferveur une formidable arme politique à son service. John, lui, commence à croire à ce qu’il dit… jusqu’au jour où la supercherie éclate.

Pourquoi le revoir au Champo ? Parce que Capra signe ici l’une de ses œuvres les plus actuelles : fake news, manipulation médiatique, récupération politique, démago qui flirte avec le fascisme… tout y est, en 1941 déjà !

 

Les Ailes du désir de Wim Wenders – un ange en imperméable se tient au bord d’un immeuble au-dessus de Berlin, film culte projeté au Champo

LES AILES DU DESIR (Der Himmel über Berlin) – Wim Wenders, 1987

Et si un ange renonçait à l’éternité pour un regard ? 

Dans le Berlin d’avant la chute du Mur, deux anges, Damiel et Cassiel, veillent sur les humains dont ils entendent les pensées les plus intimes. Invisibles, ils traversent la ville en noir et blanc, témoins des solitudes et des espoirs. Fasciné par une trapéziste de cirque, Marion, Damiel éprouve le désir de quitter l’éternité pour devenir mortel et enfin connaître la couleur du monde, le poids des choses, l’amour.

  • Prix de la mise en scène au Festival de Cannes 1987, le film devient l’un des titres emblématiques de Wenders.

  • La photographie noir et blanc / couleur est signée Henri Alekan, maître de La Belle et la Bête de Cocteau ; le noir et blanc correspond au regard des anges, la couleur à celui des humains.

  • Solveig Dommartin a appris le trapèze et les acrobaties en quelques semaines et réalise elle-même ses numéros, sans doublure ni filet.

  • Le rôle de Peter Falk, qui joue… Peter Falk, a été ajouté en cours de tournage et renforce le jeu de mise en abyme du film.

  • Restauré en 4K sous la supervision de Wenders, le film connaît une nouvelle vie en salles et en vidéo (Carlotta, Potemkine).

Chef-d’œuvre romantique et métaphysique, Les Ailes du désir se découvre ou se revoit pleinement au Champo

LA DAME DE SHANGHAI de Orson Welles- (1947)

Quand le glamour devient un masque, le film noir se change en labyrinthe — jusqu’au palais des miroirs.

Un marin, une femme fatale, un yacht, un complot : le point de départ semble classique. Mais Welles dérègle tout, brouille les pistes, fracture les apparences et transforme le récit en fascinant labyrinthe visuel.

Un noir baroque, halluciné, où Welles fait du mensonge une mise en scène et de l’image une arme. Un marin irlandais accepte de travailler sur le yacht d’un riche avocat et se rapproche de son épouse, Elsa. Très vite, la passion, l’argent et la jalousie composent un piège : manipulations, procès, faux-semblants… et une vérité qui se démultiplie, et devient presque impossible à saisir

À voir et revoir :

- Pour Rita Hayworth métamorphosée en blonde platine : la star devient personnage, et le personnage devient mystère.

- Pour la virtuosité visuelle et le final devenu mythique dans un hall of mirrors (grand écran indispensable).

- Parce que c’est le “film-miroir” : ici, le regard fabrique l’intrigue… puis s’y perd.

- Parce que derrière le polar, le film parle aussi du désir, de l’illusion et de la manière dont les images nous trompent.

-
Un film devenu classique : sélectionné en 2018 au National Film Registry (Library of Congress) pour sa valeur “culturelle, historique ou esthétique”.

Acteurs : Rita Hayworth, Orson Welles, Everett Sloane, Glenn Anders.

TO BE OR NOT TO BE de Ernst Lubitsch – (1942)

Rire de tout ? Pas toujours. Mais avec des acteurs, des costumes et des répliques assassines, le rire devient une arme de précision.

À Varsovie, une troupe de théâtre se retrouve plongée dans une affaire d’espionnage en pleine occupation nazie. Avec une élégance folle, Lubitsch signe une comédie noire où le talent de jouer, mentir et improviser devient une question de survie.

Synopsis: Joseph et Maria Tura, couple vedette d’une troupe polonaise, jouent sur scène tandis que la guerre se rapproche. Quand un espion menace la résistance polonaise, les comédiens improvisent un étonnant théâtre de dupes pour tromper les nazis, une représentation bien plus risquée que prévu : sauver des vies en jouant mieux que l’ennemi.

Le film a reçu 1 nomination aux Oscars pour la musique de Werner Heymann. Il a aussi été inscrit au National Film Registry de la Library of Congress en 1996, reconnaissance réservée aux œuvres jugées culturellement, historiquement ou esthétiquement majeures.

Voir et revoir ce film au Champo, Parce que c’est l’un c’est l’un des films les plus insolents, les plus brillants et les plus audacieux jamais tournés. Lubitsch y accomplit un tour de force : faire d’Hitler et de ses sbires les figurants grotesques d’une mécanique comique. Ce film fait cohabiter satire politique, élégance du dialogue, suspense et légèreté apparente.

Acteurs principaux : Carole Lombard, Jack Benny, Robert Stack, Felix Bressart, Lionel Atwill, Stanley Ridges, Sig Ruman.

(ce film est entré en production juste avant l’entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale, ce qui renforce encore son audace historique et satirique)

LE SUD de Victor Erice - (1980)

Chez Erice, l’enfance regarde le monde comme on écoute un secret : dans le silence, l’attente, et la lumière des choses qu’on ne comprend pas encore.

À travers le regard d’Estrella, Le Sud fait du souvenir, du mystère familial et de l’Espagne d’après-guerre une matière de cinéma d’une délicatesse rare. Plus qu’un récit, c’est un film de sensations, de silences et de présences, où l’absence elle-même semble habiter chaque plan.

Synopsis : Dans le nord de l’Espagne, la jeune Estrella grandit dans la fascination de son père, homme doux, secret, presque magique à ses yeux. Peu à peu, elle devine qu’une part essentielle de sa vie lui échappe, liée à ce “sud” lointain, réel et imaginaire, qui devient pour elle le territoire du désir, du manque et de l’énigme.

À voir, et à revoir

- Parce que c’est un grand film sur l’enfance face au mystère des adultes, sur ce que l’on pressent avant de comprendre.
- Pour sa lumière, ses silences, son tempo intérieur : un cinéma de l’infime, du souvenir, de la trace, qui prend toute son ampleur en salle.
- Parce que Le Sud fut en compétition au Festival de Cannes 1983, et qu’il est aujourd’hui considéré comme l’un des sommets du cinéma espagnol moderne.

    Acteurs : Omero Antonutti, Sonsoles Aranguren, Icíar Bollaín, Lola Cardona, Aurore Clément, Rafaela Aparicio.

    Ghost Dog de Jim Jarmusch – Forest Whitaker en manteau sombre tient un pistolet en ville, film culte samouraï urbain projeté au Champo

    GHOST DOG : THE WAY OF THE SAMURAI – Jim Jarmusch – (1999)

    Un samouraï, un pistolet, des pigeons et du Wu-Tang : GHOST DOG, le polar le plus zen de la mafia

    Ghost Dog vit en marge de la ville, dans une cabane sur un toit. Tueur à gages pour une petite famille mafieuse italienne, il suit à la lettre le code du samouraï du Hagakure. Quand un contrat tourne mal et met en cause la fille d’un boss, la mafia décide de l’éliminer. Traqué par des gangsters dépassés, Ghost Dog applique sa propre logique de fidélité, frappe vite, disparaît, … et se lie d’amitié avec une jeune fille passionnée de livres. Le film mélange film de yakuzas, polar US, culture hip-hop et sagesse japonaise, dans une mise en scène calme et précise.

    • GHOST DOG est la rencontre improbable entre film de mafia, film de samouraï et rap new-yorkais, devenue immédiatement culte
    • présence magnétique de Forest Whitaker et la BO signée RZA
    • Un des grands films sur la loyauté, la solitude et le code personnel à l’ère moderne.

      LADY VENGEANCE de Park Chan-wook

      Maître du New Korean Cinema, Park Chan-wook filme la vengeance comme un poison lent : précision de la mise en scène, humour noir, mélodrame et coups de théâtre.

      Une femme sort de prison et prépare, avec une précision glacée, méthodique, sa revanche contre celui qui l’a brisée. Lee Geum-ja a purgé une peine pour un crime qu’elle n’a pas commis. Une fois libérée, elle retrouve ceux qu’elle a croisés derrière les barreaux et recompose patiemment le puzzle qui la ramène au véritable coupable — jusqu’à une confrontation qui met la justice elle-même en procès.  Le volet le plus “choral” et le plus stylisé : baroque, ironique, traversé d’une question simple et terrible — que reste-t-il de nous après la vengeance ? 

      Affiche “Séance Culte du Champo” : rue nocturne à Tokyo sous la pluie, phares et reflets sur la chaussée, titre « Tokyo-Ga (1985) » de Wim Wenders, logo Le Champo.

      BUENA VISTA SOCIAL CLUB, de Wim Wenders (1999)

      Quand la musique ressuscite une génération entière.
      "In Havana, music isn't a pastime, it's a way of life"

      À La Havane, une poignée de musiciens “oubliés” se retrouvent, enregistrent, puis font basculer leur destin : répétitions, confidences, instants de rue et concerts deviennent une même célébration. 

      - Séance culte au Champo, car on partage un concert. c’est un documentaire devenu "film-doudou" pour des générations de spectateurs—un choc d’énergie et d’humanité, porté par une musique qui “prend” immédiatement.

      Acteurs / participants principaux : Compay Segundo, Ibrahim Ferrer, Rubén González, Omara Portuondo (et, parmi les figures marquantes, Ry Cooder).

      Un film-joie : du soleil, des voix, et une grâce rare

      2046 IN THE MOOD FOR LOVE – Wong Kar-wai – (2004)

      Et si on ne pouvait jamais vraiment quitter la chambre où l’on a aimé quelqu’un ?

      À Hong Kong, à la fin des années 60, Chow Mo-wan, ancien journaliste devenu écrivain, tente de surmonter un amour passé qu’il n’a jamais vraiment oublié – celui vécu dans la chambre 2046 d’un hôtel, raconté dans In the Mood for Love.
      Il loue une nouvelle chambre dans le même couloir, la 2047, et commence à écrire un roman de science-fiction intitulé 2046, où des passagers voyagent en train vers un lieu où « rien ne change jamais ».

      Autour de lui défilent plusieurs femmes : Bai Ling, voisine de chambre qui tombe amoureuse de lui ; Wang Jing-wen, fille de son logeur qui aime un jeune Japonais ; une joueuse professionnelle surnommée “Black Spider”, autre Su Li-zhen… Autant de histoires avortées, de rendez-vous manqués, que Chow recycle dans son roman. Le film alterne ainsi les scènes “réelles” dans le Hong Kong des sixties et les visions futuristes du train de 2046, comme si le livre et la vie ne faisaient qu’un.

      • 2046 forme une suite libre de Days of Being Wild et d’In the Mood for Love : même personnage principal (Chow), mêmes motifs (chambres, couloirs, répétition, mémoire), mais en version plus éclatée et fiévreuse.

      • Le titre renvoie à la chambre d’hôtel, au roman de SF, mais aussi à une date politique : 2046 est l’année suivant la fin de la promesse de 50 ans d’“autonomie” faite à Hong Kong après 1997 – une allusion discrète à un futur incertain.

      • Le film est présenté en compétition à Cannes 2004 et multi-récompensé (Hong Kong Film Awards : meilleur acteur, meilleure actrice, photo, décors, musique…), souvent cité comme un des sommets visuels et musicaux de Wong Kar-wai.

      • 2046 prolonge les grands thèmes de WKW : le temps qui passe, l’impossibilité de “tourner la page”, les souvenirs qui deviennent plus réels que le présent, le tout porté par une mise en scène de la couleur, du cadre et de la musique quasi hypnotique

      HEAT – Michael Mann, 1995

      Deux solitaires de chaque côté de la loi, un dernier braquage, Los Angeles comme labyrinthe nocturne : HEAT, le polar culte où Pacino et De Niro se regardent enfin dans les yeux.

      À Los Angeles, Neil McCauley dirige une équipe de braqueurs professionnels qui enchaînent les coups spectaculaires. Vincent Hanna, flic de la brigade criminelle, se lance à leurs trousses avec une obsession qui ruine sa vie privée. Tandis que McCauley prépare un dernier gros casse avant de quitter la ville, les deux hommes se jaugent à distance, se respectent, et finissent par se rencontrer lors d’un face-à-face désormais mythique dans un diner. Entre vies sentimentales fracassées, amitiés brisées et fusillades d’anthologie, leur duel les entraîne vers une tragédie inévitable sur le tarmac de LAX

      • HEAT marque la première vraie rencontre à l’écran entre Pacino et De Niro, après LE PARRAIN II où ils ne partageaient aucune scène.

      • Inspiré d’un policier réel et d’un téléfilm que Mann avait tourné auparavant (L.A. TAKEDOWN), le film est réputé pour son réalisme dans les scènes de braquage, les acteurs ayant été entraînés au maniement des armes comme des professionnels.

      • Tourné entièrement en décors réels, dans plus de 70 lieux de Los Angeles, HEAT a fortement influencé le polar moderne, notamment THE DARK KNIGHT de Christopher Nolan et des jeux vidéo comme GTA V.

      • Malgré son statut de classique, le film n’a reçu aucune nomination aux Oscars, souvent cité comme une des grandes « injustices » de l’Académie

      FENÊTRE SUR COUR de Alfred Hitchcock – (1954)

      Un appartement, une cour, une jambe plâtrée… et soudain tout un monde à espionner : Hitchcock transforme le voisinage en piège à suspense. À partir d’un espace unique, Hitchcock construit un thriller d’une précision redoutable, tout en faisant du spectateur son complice voyeur.

      Synopsis : L. B. Jeffries, photoreporter cloué chez lui après un accident, tue le temps en regardant vivre les habitants de l’immeuble d’en face. Avec sa compagne Lisa et son infirmière Stella, il croit déceler derrière une fenêtre les signes d’un crime — et son obsession va le mener toujours plus loin. Avec James Stewart, Grace Kelly, Wendell Corey, Thelma Ritter, Raymond Burr.

      Récompenses / distinctions : Le film a obtenu 4 nominations aux Oscars : meilleure réalisation pour Alfred Hitchcock, meilleur scénario pour John Michael Hayes, meilleure photographie couleur pour Robert Burks et meilleur son. Il a aussi été inscrit au National Film Registry en 1997. L’AFI l’a classé 14e de sa liste 100 Years…100 Thrills.

      A voir et revoir, Parce que c’est un exploit de mise en scène : Hitchcock fait naître le suspense sans presque quitter un seul point de vue, celui de l’appartement, et transforme la salle de cinéma en prolongement de la fenêtre de Jeff. Il met en scène l’acte même de regarder, autrement dit l’une des essences du cinéma. Avec une Grace Kelly sublime, revoir Fenêtre sur cour au Champo, c’est retrouver en grand la mécanique du regard, du désir et du doute, au cœur du cinéma hitchcockien.

      Night on Earth de Jim Jarmusch – un taxi la nuit sous un réverbère, cinq histoires reliées à travers le monde, film culte projeté au Champo

      NIGHT ON EARTH – Jim Jarmusch – (1991)

      5 taxis, 5 villes, 1 seule nuit : NIGHT ON EARTH, le tour du monde des insomnies selon Jarmusch.

      La même nuit, le film nous embarque dans 5 taxis. À Los Angeles, une chauffeuse garçon manqué conduit une directrice de casting hollywoodienne. À New York, un immigré est sauvé du désastre par son passager. À Paris, un chauffeur discute avec une passagère aveugle. À Rome, un taximan bavard confesse des horreurs à un prêtre épuisé. À Helsinki enfin, trois ouvriers bourrés racontent à leur chauffeur une histoire encore plus triste que la sienne. ... Avec la musique râpeuse de Tom Waits en fil rouge.

      * NIGHT ON EARTH est un "film-chapiteau" : cinq mini-films en un, un casting dingue, et le plaisir d’entendre plusieurs langues se croiser dans le noir de la salle

      * une des plus belles célébrations de ce que le cinéma de Jarmusch fait de mieux : écouter des gens qui parlent et leur laisser le temps

      Quatre nuits d’un rêveur de Robert Bresson – un couple marche et discute la nuit sur le Pont Neuf à Paris, film romantique épuré projeté au Champo

      QUATRE NUITS D’UN RÊVEUR de Robert Bresson (1971)

      Et si le plus grand des romans d’amour se jouait dans les silences de deux rêveurs à Paris ?

      À Paris, Jacques, jeune peintre solitaire, erre la nuit en laissant libre cours à ses rêveries. Sur le Pont Neuf, il empêche une jeune femme, Marthe, de se jeter dans la Seine. Elle lui confie qu’elle attend le retour d’un homme qu’elle aime et qui l’a quittée. Ils conviennent de se revoir le lendemain, puis les nuits suivantes. Au fil de ces quatre nuits, Jacques tombe amoureux, tandis que Marthe oscille entre fidélité à son fantôme et attirance pour ce rêveur maladroit. Bresson filme leur lien fragile dans un Paris nocturne presque désert, où chaque geste compte plus que les mots.

      • Le film transpose Les Nuits blanches de Dostoïevski dans le Paris post-68, entre Pont Neuf, bus de nuit et quais de Seine.

      • Longtemps invisible pour des raisons de droits, il a fait l’objet d’une restauration récente (présentée à Cannes Classics 2024), qui l'a relancé.

      • La photographie de Pierre Lhomme capte un Paris nocturne entre chien et loup, où les lumières de la ville deviennent presque abstraites.

      • Fidèle à sa méthode, Bresson dirige ses acteurs comme des “modèles”, épurant le jeu et les dialogues pour laisser parler les gestes, les sons, les silences – une approche particulièrement forte sur ce récit d’amour impossible.

      Metropolis  : la robot-Maria devant la cité futuriste, film expressionniste de Fritz Lang

      METROPOLIS– Fritz Lang, 1927

      Une ville-monstre, un robot hypnotique, une révolte ouvrière : revoir METROPOLIS, c’est retrouver la matrice de toute la science-fiction au cinéma.

      Dans la ville futuriste de Metropolis, les élites vivent dans des gratte-ciel luxuriants tandis que les ouvriers épuisés travaillent sous terre, esclaves des machines. Freder, fils du maître de la ville, découvre les conditions de vie des travailleurs en suivant Maria, jeune prophétesse qui prêche la réconciliation entre « la tête et les mains ». Son père charge le savant Rotwang de créer un robot à l’effigie de Maria pour semer le chaos. La fausse Maria pousse les ouvriers à la révolte, menaçant de noyer leurs propres enfants. Seul Freder pourra tenter de devenir le « cœur » qui réconcilie maîtres et travailleurs.

      • Monument du cinéma expressionniste allemand, METROPOLIS est l’un des premiers longs métrages de science-fiction et une référence visuelle majeure (architecture futuriste, robot-Maria).

      • Longtemps mutilé, le film a été presque entièrement reconstitué après la découverte en 2008 d’une copie quasi complète à Buenos Aires, permettant la version « The Complete Metropolis » (2010).

      • L’iconographie de METROPOLIS a inspiré aussi bien STAR WARS (C-3PO) que Queen (« Radio Ga Ga »), Madonna (« Express Yourself ») ou Janelle Monáe

      THE GRAND BUDAPEST HOTEL de Wes Anderson Seance Culte du Champo

      L’aventure la plus élégante du cinéma contemporain

      Un concierge, un tableau volé, un lobby boy et un empire qui s’écroule : bienvenue au Grand Budapest Hotel

      Dans la République imaginaire de Zubrowka, un écrivain rencontre, dans les années 60, le mystérieux propriétaire d’un palace en déshérence : Zero Moustafa. Au cours d’un dîner, Zero lui raconte sa jeunesse, à l’époque glorieuse de l’hôtel, dans les années 30.

      Jeune réfugié devenu lobby boy, Zero est pris sous l’aile de M. Gustave H., concierge d’exception, poète mondain et amant attitré de riches clientes. Quand l’une d’elles, Madame D., meurt dans des circonstances suspectes, Gustave hérite d’un tableau de maître, Le Garçon à la pomme. Le fils de la défunte, Dmitri, hurle au vol et lance sur eux un avocat retors, un tueur à gages et la police d’un État qui bascule vers le fascisme.

      S’ensuit une course folle : évasion de prison, poursuite en luge, confrérie secrète de concierges, pâtisseries qui cachent des limes, et bataille rangée dans le hall du palace… tandis que le monde raffiné que représente Gustave se fissure définitivement

      • C’est sans doute le film qui résume le mieux le cinéma de Wes Anderson : décors miniatures, cadres ultra-composés, palette rose-bonbon et or, humour absurde… au service d’un vrai récit mélancolique sur la fin d’un monde.

      • Film directement inspiré par l’univers de Stefan Zweig (Hôtel d’Europe centrale, crépuscule des empires, exil), ce qui lui donne une profondeur historique sous la fantaisie.

      • Récompenses : 9 nominations aux Oscars, 4 statuettes (décors, costumes, maquillage-coiffure, musique d’Alexandre Desplat) et il est régulièrement cité parmi les grands films du XXIᵉ siècle.

      • Film mélange d’aventure burlesque, de romanesque et de menace fasciste. A noter: les détails du cadre, la richesse sonore et de la construction en “poupées russes” (plusieurs récits imbriqués).

        La Grande Illusion de Jean Renoir – Jean Gabin et ses camarades officiers français prisonniers dans un camp allemand pendant 14-18, film culte projeté au Champo

        LA GRANDE ILLUSION - Jean Renoir, 1937

        Pendant la Première Guerre mondiale, des officiers français prisonniers en Allemagne tentent de s’évader, tandis que se fissurent les frontières de classe, de nation… et l’illusion que la guerre “sert à quelque chose”.

        Pendant la Première Guerre mondiale, l’avion du lieutenant Maréchal, ouvrier parisien, et du capitaine de Boëldieu, aristocrate, est abattu par le baron von Rauffenstein, officier allemand issu de la même classe sociale que Boëldieu. Faits prisonniers, ils rejoignent un camp où sont rassemblés des officiers français de milieux très divers, dont Rosenthal, banquier juif généreux qui partage ses colis avec tous. Ensemble, ils creusent un tunnel pour s’évader, puis sont transférés dans une forteresse “inechappable” commandée par Rauffenstein. Là, Boëldieu sacrifiera sa vie pour permettre à Maréchal et Rosenthal de s’enfuir vers la frontière suisse, après une halte chez Elsa, paysanne allemande veuve et mère endeuillée par la guerre.

        A savoir : 

        Le film est considéré comme un des sommets du cinéma mondial et un grand film pacifiste et humaniste.

        Le titre vient de l’essai The Great Illusion de Norman Angell, qui démontrait l’absurdité économique de la guerre entre nations. Renoir y voit une “illusion” politique et sociale à déconstruire.

        En 1939, LA GRANDE ILLUSION devient le premier film en langue étrangère nommé à l’Oscar du Meilleur film.

        Le film est rapidement censuré : déclaré “ennemi public numéro 1” par la propagande nazie, confisqué, puis interdit par Vichy. Les négatifs ont longtemps été considérés comme perdus avant d’être miraculeusement retrouvés puis restaurés à partir de l’original nitrate dans les années 1990–2000.

        Revoir LA GRANDE ILLUSION au Champo, c’est donc à la fois : Retrouver Jean Gabin dans un de ses plus beaux rôles ; Voir comment le cinéma parlait déjà du fascisme, de l’antisémitisme et des frontières qui se referment… en 1937 ; Redécouvrir une copie restaurée qui redonne tout son relief au noir-et-blanc de Christian Matra

        Enter the Void de Gaspar Noé : deux personnages de dos face à un mur de néons multicolores dans un club de Tokyo, image de la séance culte du Champo

        ENTER THE VOID

        À Tokyo, Oscar, petit dealeur américain, vit avec sa sœur Linda, stripteaseuse. Abattu lors d’un deal qui tourne mal dans un bar nommé « The Void », il meurt sous l’effet du DMT qu’il vient de fumer. Son esprit quitte alors son corps, plane au-dessus de la ville, revisite son passé, observe la dérive de Linda et les conséquences de sa mort, dans un voyage inspiré du Livre tibétain des morts.

        Gaspar Noé filme presque tout en caméra subjective, en longs plans flottants et visions hallucinées. Film-projet obsessionnel du cinéaste depuis l’adolescence, ENTER THE VOID mêle expérimental, mélodrame et imagerie psychédélique, avec un travail sonore et visuel devenu immédiatement culte (a noter, le générique fulgurant, néons tokyoïtes, VFX de BUF).

        Deux heures dans la tête – puis l’âme – d’un mort, au-dessus de Tokyo ? ENTER THE VOID, le trip ultime à vivre en salle.

        À tombeau ouvert de Martin Scorsese : Nicolas Cage en ambulancier épuisé discute avec Patricia Arquette assise sur un brancard, image de la séance culte du Champo

        A TOMBEAU OUVERT

        Nicolas Cage en ambulancier au bord du gouffre, Scorsese au sommet de son cinéma nocturne : une plongée infernale dans New York, à (re)vivre au Champo.

        New York, début des années 90. Frank Pierce, ambulancier de nuit, ne dort plus, ne mange presque plus et n’a pas sauvé un patient depuis des mois. Chaque sortie dans les rues est une nouvelle plongée dans la misère, la drogue, la folie et la violence. Hanté par les fantômes de ceux qu’il n’a pas réussi à ramener à la vie, Frank vacille entre épuisement, visions et cynisme, enchaînant les gardes avec des collègues tous plus barrés les uns que les autres. Une nuit, il tente de ranimer M. Burke, victime d’un arrêt cardiaque, et croise sa fille Mary, ancienne junkie. Leur lien fragile devient un fil de survie au milieu du chaos.

        Scorsese retrouve Paul Schrader au scénario : même énergie fiévreuse que Taxi Driver, mais du point de vue d’un paramedic en burn-out. Tourné dans un New York nocturne et poisseux, porté par la photo électrique de Robert Richardson et la BO d’Elmer Bernstein, le film fut un semi-échec à sa sortie mais est devenu un titre culte de la filmo scorsesienne.

        QUAND LA PANTHERE ROSE S'EM.MELE

        Traqué par 26 tueurs… et sauvé par sa propre incompétence.

        Clouseau, c’est l’homme traqué… qui ne le sait pas. Dreyfus est enfin déclaré “guéri”. Il sort, il sourit, il respire… puis Clouseau lui rend visite. Quelques minutes plus tard : rechute immédiate, rage totale, et retour express à la folie. Dreyfus s’évade, s’entoure de criminels internationaux, enlève un savant et met au point une arme de destruction massive. Ultimatum planétaire : si on n’élimine pas Clouseau, une capitale sautera.

        Du jour au lendemain, Clouseau devient l’homme le plus recherché du globe : 26 tueurs sont  lancés dans la course. Sauf que Clouseau avance, persuadé d’enquêter normalement, pendant que le danger se rapproche à chaque coin de rue. Et c’est là que le miracle Sellers opère : entre élégance involontaire, maladresse légendaire et timing surnaturel, Clouseau déjoue les pièges sans même comprendre qu’il les déjoue. Résultat : une poursuite mondiale transformée en ballet burlesque, où la catastrophe devient un art…

        À noter
        Dans cet opus, la “Panthère rose” n’est plus le diamant : la saga est désormais totalement aimantée par Clouseau — le titre devient presque son surnom.

        Acteurs / actrices
        Peter Sellers, Herbert Lom, Lesley-Anne Down, Colin Blakely, Leonard Rossiter, Burt Kwouk.

        Affiche “Séance Culte du Champo” : photo noir et blanc d’un homme souriant enlacé avec une jeune femme, titre « Nuits Blanches (1957) » de Luchino Visconti, logo Le Champo

        NUITS BLANCHES, de Luchino Visconti (1957)

        Trois nuits pour croire à l’amour… 
        Mastroianni, la neige, les lumières : le romantisme à fleur de peau.

        Synopsis : Un homme solitaire rencontre une jeune femme fragile, déjà suspendue à une promesse : pendant quelques nuits, ils se découvrent, s’espèrent, se manquent—avec un troisième homme comme ombre portée.

        Séance culte au Champo : parce que Visconti transforme Dostoïevski en mélodrame onirique, et que le film a marqué l’histoire (notamment par sa reconnaissance à Venise).

        À voir au Champo pour la magie des nuits artificielles (décors, lumières, profondeur de champ) qui prennent une autre dimension sur grand écran—on entre littéralement dans le rêve.

        Acteurs principaux : Maria Schell, Marcello Mastroianni, Jean Marais.

         

        La Dolce Vita de Federico Fellini – Marcello Mastroianni et Anita Ekberg dans la Fontaine de Trevi, scène culte du cinéma italien projetée au Champo

        LA DOLCE VITA - Federico Fellini, 1960

        Rome, la nuit, les fêtes et le vide : La Dolce Vita, le voyage au cœur du mythe Fellini.
        Le film qui a inventé la modernité du cinéma italien sur l’écran du Champo.

        Marcello, journaliste people à Rome, passe ses nuits à courir les fêtes, les vedettes et les mondanités, rêvant d’écrire enfin un “vrai” livre. Entre star suédoise qui se baigne dans la Fontaine de Trevi, aristocrates blasés, écrivain tourmenté, orgies au bord de la mer et drames intimes, il assiste à la vacuité d’un monde qui s’étourdit pour ne pas penser à son propre vide. Chronique en épisodes, La Dolce Vita est à la fois portrait de la Rome des années 60 et réflexion sur le sens de la vie, entre beauté, chaos et perditio

        • Palme d’or à Cannes 1960, Oscar des meilleurs costumes, le film fait scandale dans l’Italie conservatrice et vaut à Fellini la réprobation du Vatican.

        • La séquence de la Fontaine de Trevi avec Anita Ekberg est devenue l’une des images les plus célèbres de l’histoire du cinéma ; elle a figé l’idée d’une Rome nocturne, sensuelle et irréelle. 

        • Le mot « paparazzi » vient directement du personnage du photographe Paparazzo, et entrera ensuite dans le langage courant mondial. 

        • La musique de Nino Rota, entre fanfares de fête et thèmes mélancoliques, accompagne la dérive de Marcello et accentue le contraste entre vitrine glamour et désespoir intime.

        Nuages flottants  : Yukiko et Tomioka réunis dans le Tokyo d’après-guerre, mélodrame de Mikio Naruse

        NUAGES FLOTTANTS – Mikio Naruse, 1955

        Un couple perdu dans un Japon en ruines : NUAGES FLOTTANTS (récemment restauré), l’onde de choc émotionnelle sur grand écran.

        À la fin de la guerre, Yukiko rentre dans un Japon dévasté après avoir vécu en Indochine une passion clandestine avec Tomioka, fonctionnaire marié. Elle le retrouve à Tokyo, persuadée qu’il tiendra enfin sa promesse de divorcer. Mais Tomioka se dérobe, partagé entre sa femme, d’autres liaisons et son incapacité à choisir. Errant de chambres meublées en petits boulots, Yukiko s’accroche à cet amour qui la détruit, sur fond de pays en reconstruction et de désillusion générale

        Adapté du roman de Fumiko Hayashi, publié peu avant la mort de l’autrice, le film transpose une histoire d’amour toxique dans le chaos du Japon d’après-guerre.

        NUAGES FLOTTANTS est considéré comme le film le plus populaire de Naruse au Japon et figure parmi les meilleurs films japonais de tous les temps dans le classement Kinema Junpō.

        Yasujirō Ozu le qualifiait de film qu’il aurait été incapable de réaliser, hommage rarissime entre maîtres du cinéma japonais.

        MYSTERY TRAIN – Jim Jarmusch – (1989)

        Trois histoires, une nuit, Memphis comme carrefour fantôme : Japonais en pèlerinage Elvis, veuve italienne, punks à la ramasse : MYSTERY TRAIN, la nuit où Memphis devient un rêve un peu fêlé

        À Memphis, dans et autour d’un hôtel défraîchi, trois histoires la même nuit. Un couple de jeunes Japonais fans de rock traverse la ville sur les traces d’Elvis. Une veuve italienne, bloquée pour une nuit avec un cercueil à rapatrier, partage une chambre avec une Américaine volubile. Puis un Anglais fraîchement largué, un barman et un copain alcoolisé s’enfoncent dans une virée catastrophique. Tous passent par le même hôtel, tenu par un réceptionniste blasé et son portier impassible, tandis que la radio et les rumeurs gardent vivante la présence du King.

        Film à (re) voir au Champo :

        • Le film-jukebox de Jarmusch : Memphis, le rock, Elvis comme fantôme bienveillant qui relie des étrangers.
        • Un portrait magnifique de l’Amérique vue par les étrangers : décalée, mélancolique, drôle, jamais caricaturale.

        Le Voyageur de la Toussaint de Louis Daquin – un jeune homme arrive dans une ville portuaire et affronte des notables, film policier adapté de Simenon projeté au Champo

        LE VOYAGEUR DE LA TOUSSAINT — Louis Daquin (1943)

        Un héritage… et une ville entière qui ment. Bienvenue à La Rochelle version Simenon

        Gilles Mauvoisin, qui vient de perdre ses parents, arrive à La Rochelle et apprend qu’il est l’unique héritier de son oncle Octave, riche homme d’affaires. Très vite, il découvre l’existence d’un groupe de notables — “le syndicat” — qui tient la ville et dont les secrets semblent liés à la fortune de son oncle. Gilles se retrouve au cœur d’un réseau de chantage, de menaces et de manipulations où chacun a quelque chose à cacher.

        Un Simenon “ville-piège” parfait : atmosphère, faux-semblants, notables toxiques.

        Affiche “Séance Culte du Champo” : deux hommes assis dans une voiture vus de profil, ambiance polar, titre « L’Ami américain (1977) » de Wim Wenders, logos Le Champo et Carlotta.

        L’AMI AMÉRICAIN, de Wim Wenders (1977

        Un pacte. Deux hommes. Et la nuit qui se referme. 
        Le polar selon Wenders : élégant, vénéneux, sidérant.

        Synopsis : Tom Ripley, marchand d’art américain aussi fascinant qu’inquiétant, repère Jonathan, encadreur allemand atteint d’une maladie grave. En jouant sur son désespoir, il l’introduit à des criminels qui veulent le recruter pour tuer… et la spirale commence.

        Séance culte du Champo parce que Wenders y signe un hommage très personnel au film noir (adapté d’un roman de Patricia Highsmith), avec une ambiance unique et des séquences devenues mythiques.

        Acteurs principaux : Dennis Hopper, Bruno Ganz, Lisa Kreuzer, Gérard Blain

        Visuel du film LA REINE MARGOT de Patrice Chéreau, avec Isabelle Adjani. séance culte Le Champo

        LA REINE MARGOT de Patrice Chéreau

        Adapté du roman d’Alexandre Dumas, La Reine Margot  est la grande fresque historique de Patrice Chéreau : un film de cour et de sang, de complots et de passions, qui plonge le spectateur au cœur des guerres de Religion, entre les noces de Marguerite de Valois et le massacre de la Saint-Barthélemy.
        Isabelle Adjani incarne une Margot sensuelle et politique, prise entre un mariage forcé avec Henri de Navarre, les intrigues meurtrières de Catherine de Médicis et la folie de son frère, le roi Charles IX, joué par Jean-Hugues Anglade.

        Projeté en copie restaurée, le film retrouve sur grand écran la puissance de sa mise en scène : couleurs sombres et rouges sang, corps en mouvement, caméra au plus près des visages et du chaos

        Affiche de « Tokyo-Ga » : décor urbain nocturne aux néons,

        TOKYO-GA, de Wim Wenders (1985)

        Tokyo comme un rêve éveillé — et Ozu comme boussole

        Wim Wenders parcourt Tokyo en cherchant les images et l’esprit du Japon d’Ozu : Rencontres, Fragments de ville, et Réflexion sur ce que le cinéma capte (ou perd) d’un monde qui change.

        Séance culte au Champo, parce que c’est un “film-essai” essentiel pour les cinéphiles—une lettre d’amour au cinéma d’Ozu et, plus largement, à l’art de cadrer le réel.

        Acteurs / intervenants principaux : Chishū Ryū, Yūharu Atsuta, Werner Herzog

        Un film pour ralentir. Et respirer.

        Affiche “Séance Culte du Champo” : photo noir et blanc d’une enfant de dos regardant une ville à travers un grillage, veste “Alaska”, titre « Alice dans les villes » de Wim Wenders, logo Le Champo.

        ALICE DANS LES VILLES, de Wim Wenders (1974)

        Le Wenders “originel” : tendre, libre, profondément humain.

        Un journaliste en panne d’inspiration erre aux États-Unis, ne “ramasse” que des Polaroids, puis se retrouve à accompagner Alice, une enfant confiée par sa mère… qui disparaît.
        À Amsterdam, puis sur les routes allemandes, commence une quête du lieu où elle pourra enfin rentrer.

        • Séance culte du Champo parce que c’est la matrice du Wenders des années 70 (route, mélancolie, rencontres, amour du cinéma américain), souvent considéré par Wim Wenders comme un film fondateur.

        • À voir au Champo pour la beauté du noir et blanc et le “temps” du film en salle — on se laisse happer par les visages, les paysages, les silences.

        Acteurs principaux : Rüdiger Vogler, Yella Rottländer, Lisa Kreuzer

        Un film qui réapprend à regarder.
        Une journée particulière d’Ettore Scola – Sophia Loren et Marcello Mastroianni s’enlacent entre deux draps étendus sur une terrasse, film projeté au Champo

        UNE JOURNÉE PARTICULIÈRE de Ettore Scola (1977)

        Une terrasse, des draps qui sèchent, un régime qui écrase : la plus belle histoire d’amitié et de résistance, signée Ettore Scola

        6 mai 1938, Rome. Tandis que la ville entière défile pour accueillir Hitler venu rencontrer Mussolini, Antonietta, mère de six enfants et épouse dévouée d’un militant fasciste, reste seule dans son grand immeuble déserté. La fuite de son perroquet l’amène à croiser Gabriele, voisin cultivé, célibataire, licencié de la radio et promis à la déportation en raison de son homosexualité. Au fil de cette journée suspendue, ces deux êtres que tout oppose nouent une complicité fragile, faite de confidences, de désir à peine avoué et de conscience politique naissante.

        • Film qui montre le fascisme - non par la grandiloquence des discours - mais par la violence ordinaire, domestique, du quotidien.

        • Tourné presque entièrement dans un même immeuble, dans une palette sépia, il crée un sentiment d’enfermement à contre-courant des films de reconstitution historique. 

        • Scola retrouve le duo Loren/Mastroianni, mais les détourne de leurs rôles glamour habituels : elle apparaît sans maquillage, lui joue la fragilité et la mélancolie. 

        • Le film reçoit un accueil critique très fort, une nomination à l’Oscar du meilleur film étranger et plusieurs prix internationaux, devenant un classique du cinéma italien politique.

        Une journée particulière, chef-d’œuvre à voir ou à redécouvrir au Champo