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THEOREME, Pier Paolo Pasolini, 1968

Venez redécouvrir ce chez d'oeuvre en version restaurée au Champo à partir du 23 novembre 2022

" Une famille de grands bourgeois milanais : le père, la mère, le fils, la fille et une servante. Cette famille mène l’existence de son milieu jusqu’au jour de l’arrivée d’un singulier visiteur. C’est un jeune homme très beau d’environ vingt-cinq ans, parlant très peu, très aimable.

Sa venue va bouleverser la vie de ce foyer : il va peu à peu s’introduire profondément dans cette famille et lier avec chacun de ses membres des relations passionnelles et physiques. La présence de cet inconnu dans la maison semble effacer tout ce qui existait avant sa venue. Par son contact, chacun prend conscience de ce qu’il est réellement et s’interroge sur l’im- portance des valeurs qui ont été sa vie jusqu’ici.

Soudain, le visiteur quitte cette famille aussi mystérieusement qu’il est arrivé. A l’annonce de ce départ, chacun lui confie et lui fait comprendre ce qu’il ressent. Il reste toujours muet devant ces confidences, mais l’extrême bonté qui se dégage de son regard est elle-même un réconfort.

Les drames éclatent immédiatement après son départ. Odetta, la jeune fille, entre dans un tel état de désespoir, que sa fa- mille est obligée de l’envoyer dans une clinique. Le fils, ne tarde pas à abandonner la maison familiale, son luxe et la vie faci- le, pour s’installer dans un petit studio pour peindre. Ses tableaux abstraits frisent le ridicule. Il en est parfaitement conscient, mais persévère. La mère, profondément troublée, s’aperçoit qu’elle n’a jamais eu d’intérêt majeur pour rien et cherche, dans l’érotisme des rapports qu’elle a avec des jeunes gens rencontrés un peu au hasard, une voie qu’elle ne trouvera d’ailleurs jamais. Elle finira par rechercher dans la foi cette chose indéfinissable qui lui fait défaut. Le père qui, jusqu’alors, avait mené la vie d’un industriel passionné par le gain, découvre soudain que le but qu’il recherchait était vain. Il décide donc d’aban- donner totalement cette vie et cet ancien idéal. Pour cela, il fait don de son usine à ses ouvriers et se dépouille de tous ses biens. Pour bien manifester ce changement radical dans sa vie, il ira symboliquement jusqu’à se déshabiller dans le hall de la gare de Milan, à la grande stupéfaction des bavards et partira droit devant lui, vers le désert... " - Tamasa Distribution

GHOST DOG, Jim Jarmusch, 1999

Venez redécouvrir GHOST DOG en version restaurée au Champo à partir du 14 décembre 2022

Ghost Dog vit au-dessus du monde, au milieu d'une volée d’oiseaux, dans une cabane sur le toit d’un immeuble abandonné. Guidé par les mots d'un ancien texte samouraï, Ghost Dog est un tueur professionnel qui se fond dans la nuit et se glisse dans la ville sans qu'on le remarque. Quand son code moral est trahi par le dysfonctionnement d’une famille mafieuse qui l’emploie à l’occasion, il réagit strictement selon la Voie du Samouraï.

"Et si Jarmusch avait d'abord filmé Ghost Dog pour réapprendre à marcher ? Et si Aloysius Christopher Parker avait un petit frère? Il est Noir, il est gros. Il est totalement dangereux. Il a des gestes rapides qui lui viennent de l'ancien Japon, des samouraïs du clan Nabeshima, les Bushido de l’ère Edo. Le Ghost Dog ne connait qu'un code, celui inscrit dans le Hagakure, ce manuel pour samouraïs dont Mishima pensait qu'il était « le seul et unique livre ». Ses mouvements sont comme sa morale : d’un autre temps. Jarmusch invite pour eux une nouvelle figure, inimaginable jusqu'ici dans son cinéma : de drôles de fondus enchaînés superposés directement sur le mouvement, par couches de gestes, donnant en même temps au samouraï la précision d'un félin et l'allure immémoriale du fantôme. 

Les samouraïs sont comme les rappeurs, comme RZA et GZA du Wu-Tang, autres chiens fantômes du film : ils confondent le style et la vérité. Ce sont des intellectuels des rues. A leur contact, le cinéma de Jarmusch se réchauffe. Il met tout en crise, opère une refonte de tous ses principes de découpage. Moins de raideur, plus de précision, de la souplesse féline, le geste s'accomplit dans le mystère. À chaque problème, c'est encore une fois le temps qui donnera à Jarmusch la solution. Cette fois, il faut accélérer, pour mieux suspendre. Une autre allure, encore et toujours." - Extrait du livre de Philippe Azoury « Jim Jarmusch, une autre allure », Capricci éditions, 2016


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